La musique est relaxante, quelques trentenaires sont réunis assis par terre dans une salle, une bougie à la main et regardent « une femme enceinte célébrer la maternité en harmonie avec la nature ». Comprendre : une femme entièrement nue s’exposer au regard des autres qui peuvent venir toucher son gros ventre et l’observer se recouvrir le corps de terre. Non, ce n’est pas une secte (quoique…) mais bien une dans l’est de Londres « où des artistes interrogent la maternité au regard de la climatique ». Ils portent un casque sur les oreilles distillant le discours de deux militants de BirthStrike. Ainsi conditionnés, ils apprennent que « sur le plan moral, c’est un mauvais choix que de faire des bébés ».

Un documentaire Arte disponible depuis le 4 février met en lumière le combat de Blythe Pepino, cette activiste à l’origine du collectif BirthStrike. Elle renonce à la maternité pour provoquer un changement radical de climatique. Son conjoint qui la soutient bien évidemment glisse quand même à la caméra : « J’ai l’impression de ne pas avoir le droit de dire ce que je pense, ni d’être en désaccord. » Blythe de lui répondre : « Je n’imagine pas changer d’avis. » C’est sans doute ce fameux retour du pouvoir féminin du XVIIIe siècle que dénonce Éric Zemmour.

Les Hamilton, quant à eux, n’auront qu’un enfant pour diminuer leur empreinte carbone. Ils s’appuient sur une étude selon laquelle un enfant en moins réduit la consommation de 58,5 tonnes de CO2 par an. Attristés de voir leur fille unique jouer toute seule et bien conscients qu’il lui manque un frère ou une sœur, ils se rassurent en pensant au climat : « S’il y a trop d’être humains, la planète va disparaître tôt ou tard. »

De ce documentaire émane un sentiment de mal-être. Non pas à cause des catastrophes climatiques prédites par des collapsologues, mais bien pour cette génération no future, sûre de renouer avec la nature en se privant de ce qu’il y a de plus naturel : mettre au monde un enfant. Certains regards sont vides ou fuyants et des silences bien trop pesants, mais les arguments écologiques, eux, sont bien présents. Seuls les quelques enfants filmés apportent un peu de vie et de spontanéité dans ce milieu de désespérés. Alors, pour paraphraser notre rédac chef qui confessait, dans chrétienne, avoir pollué « par pensée (je rêvais d’avoir des bébés), par parole (je l’ai même dit à mon futur mari), par action (donc je les ai faits) et par omission (j’ai oublié de demander la permission à ces écolos) », ces petits pollueurs nés sont les plus beaux cadeaux qui nous soient donnés.

Mais croire que la pression démographique aggrave le climat n’est pas exact, puisque ce sont principalement les pays de l’ subsaharienne qui connaissent les taux de croissance démographique les plus élevés du monde, alors que leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES) est très faible, selon l’étude  Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris. C’est bien la preuve que la théorie malthusienne ne tient pas…

9 février 2021

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