Les élections ont eu lieu. La France a un nouveau Président et une nouvelle Assemblée. “Alea jacta est”, comme aurait dit Jules César en 49 av. J.-C. avant de traverser le fleuve Rubicon. Il y a, dans toute cette histoire, des heureux et des déçus qui ne sont que les rejetons démocratiques d’un système qui est ce qu’il est. Illusion d’un jour ou changement de cap historique d’une société qui n’en pouvait plus de s’affronter par politiques interposées, le tsunami Macron est tout sauf le fruit du hasard. Seul l’avenir nous dira s’il a emporté avec lui seulement tout ce qu’il y avait de mauvais dans le fonctionnement de notre société politique ou s’il aura aussi ouvert la porte à de dangereuses dérives mondialistes, immigrationnistes et identitaires.

Pour l’instant, et en attendant la confirmation ou l’infirmation de nos pronostics, la déception de la défaite ne doit pas nous inciter à recommencer à savonner la planche de ceux qui auront la tâche de diriger le pays sous prétexte qu’ils ne représentent pas nos idéaux. “L’homme qui marche sur l’eau”, comme le décrit The Economist, est là pour un bout de temps et il ne sert à rien de torpiller le bateau au moment où il quitte le port, à moins d’être un jusqu’au-boutiste de principe. Un idéal n’est après tout que la croyance fermement ancrée en nous de ce qui semble être la ou les seules bonnes solutions pour la France. L’idéal doit rester le moteur de la pensée et du fonctionnement humain, mais il ne doit jamais prendre le dessus sur l’intérêt supérieur de la nation à un moment où rien ne prouve que celui-ci est réellement menacé ou livré à des entreprises aléatoires ou antinationales.

Il y a, certes, dans cette posture un danger d’endormissement de notre vigilance, mais c’est peut-être le prix momentané à payer pour que la France retrouve une certaine sérénité. Que la politique retrouve le sens qu’Aristote lui avait donné : l’administration de la Cité, et qu’elle arrête d’envahir nos vies comme de mauvaises herbes tellement folles qu’elles nous rendront nous-mêmes fous si nous n’y prenons garde. Et, comme l’exemple doit venir d’en haut, il incombe d’abord aux partis politiques institutionnels de laisser travailler le gouvernement dans la sérénité nécessaire à l’apprentissage de la vie politique par tous ces nouveaux venus aux affaires et qui ne demandent qu’à apprendre pour avoir une chance de réussir. Nous verrons après s’ils ont été à bonne école ou pas…

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