Deux mille six cent sept candidats et candidates en France, pour siéger au Parlement européen !

C’est tout de même plus cohérent pour la démocratie que les cent cinquante quidams(mes) qui vont renforcer le CESE prochainement…

Leurs motivations sont-elles l’engagement résolu pour l’avenir du Vieux Continent, le goût d’en découdre, l’obstination têtue au service des autres, la disponibilité subite, l’immunité parlementaire ou, plus prosaïquement, les savoureuses indemnités à la clé ? Et les 304 euros de ticket de présence enregistrés en passant ?

L’examen exhaustif des trente-trois listes françaises est trop laborieux, mais quelques observations curieuses émaillent l’analyse.

La liste macroniste conduite par Mme Loiseau, baptisée « Renaissance », sans doute en référence à feu Léonard de Vinci – honoré, jeudi dernier, à Amboise par le Président et son homologue italien -, est un alliage subtil de LREM, MoDem et Agir. François Bayrou, l’immortel candidat candide, et les transfuges des Républicains sont les arcs-boutants de cet édifice européiste.

José Bové, qui annonçait précédemment son retrait, propose soudain d’apporter son soutien et sa notoriété verte à des candidats indépendantistes catalans. « Catalunya aquí sóc ! »

Jean Lassalle renonce, faute de support financier. Merci aux milliers d’interprètes épuisés – un mois de grève, en été 2018, pour cause de travail harassant – qui s’assèchent le larynx avec les 24 langues officielles, mais dommage pour l’ambiance récréative du grand hémicycle strasbourgeois…

Quant à la liste des Républicains, conduite par le jeune Bellamy au patronyme si romantique, elle est nommée « Union de la droite et du centre ». , l’UDI, qui illustre traditionnellement ce centre, présente également une liste sous la conduite de Lagarde, sans parler du MoDem précédemment évoqué.

Fichtre, c’est à n’y rien comprendre !

Les listes tricolores comportent 79 membres. La parité exigeante et imposée fait donc émerger nombre de candidates. 1.303 – exactement 1.303,5 selon une stricte mathématique – partent en campagne sur le front de l’Est. Peu parviendront à l’objectif communautaire, étant donné l’hétérogénéité, voire le désordre dans les bataillons.

Je rappelle que la proportionnelle à un tour laisse sur le champ toutes les troupes qui auront collecté moins de 5 % des voix. Et, à ce jour, selon les sondages, cela en fait plus de 20 en retraite annoncée…

Toute cette énorme confusion avec une abstention prévisible de 60 % !

Churchill disait de la démocratie qu’elle était « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». L’Europe ne serait-elle pas, paradoxalement, en train de le faire mentir tout en confortant sa citation ?

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