Pas franchement un scoop : pour les écoles aussi, le gouvernement change d’avis comme de chemise ! S’il s’agissait d’un cadeau à poser au pied du sapin pour le Noël de l’Élysée ou de la cravate de pour passer à la télé, ce serait rigolo. Mais cette fois, pas du tout, car c’est de l’avenir de nos enfants qu’il est question, victimes eux aussi de tous les « stop an go ». Depuis mardi, l’école n’est plus obligatoire et le retour dans les foyers encouragé ou recommandé ou, plutôt, non sanctionné… Comprenne qui pourra.

Résumons nous : c’était il y a quelques mois, une éternité, le 5 mars dernier. La France subitement plongée en plein désarroi épidémique. Notre ministre de l’Éducation nationale sur un ton protecteur rassurait : la fermeture des établissements totale ou partielle des établissements scolaires, « ce n’est pas du tout prévu ». D’ailleurs, le 8 mars il renchérissait : « Il n’est pas question, même en cas de passage au stade 3, de suivre l’exemple italien et de fermer toutes les écoles », car cela « paralyserait le pays ». Renversement brutal de situation le 12 mars, jour de la grande déclaration de guerre d’ qui décrète : « Pour protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire […] dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées seront fermés. »

Le pays tout entier était alors paralysé et l’instruction dévolue à la famille. Qui gèrera tant bien que mal la crise. Durant de longues semaines, vaille que vaille, des parents mal préparés feront face. Avec des échecs parfois mais, dans l’ensemble, beaucoup de bonne volonté. Ils n’ont pas eu le choix, ils étaient les garants de la protection des individus en ces temps de pandémie et le seul ressort qui tenait encore dans le pays. L’époque où la famille, c’était la valeur refuge…

Puis vint l’été et son déconfinement progressif. Et avec la rentrée, les bonnes résolutions et la découverte de nouveaux virus : l’, le séparatisme, le complotisme ou le non-respect des principes républicains, peu importe, puisque le mal est désigné : c’est le foyer qui est le lieu de tous les dangers. On le savait déjà propice à toutes les violences. Le voici désigné incubateur privilégié pour la fabrique de terroristes en herbe. Et l’instruction à la maison en est le bras armé. Un système pas suffisamment contrôlé par l’État qui aimerait tant ne l’autoriser qu’à petites doses, très exceptionnellement. Un des objectifs de la future loi contre le séparatisme : le retour forcé pour les plus de 50.000 élèves scolarisés à la maison sur les bancs de l’Éducation nationale. Qui n’a pourtant pas de quoi être fière : avant-dernière place au classement des pays de l’OCDE. Pas franchement de quoi faire la leçon aux « éducateurs à la maison »…

Dès septembre, c’était la « rentrée pour tous » : réouverture de tous les établissements scolaires malgré quelques assouplissements progressifs au fil du temps pour les lycées sous pression des profs et des élèves. L’honneur et l’intégrité de la République sauvegardés jusqu’à ce mardi, jour de déclaration de Jean-Michel Blanquer appuyée par Jean Castex qui décide, pour jeudi et vendredi, dans un langage abscons, de mettre les élèves à la porte pour mieux les renvoyer dans leurs foyers : « L’absence des écoliers, collégiens ou lycéens sera “tolérée”, mais elle n’est “ni recommandée, ni encouragée”, souligne-t-on rue de Grenelle. »

Retour, donc, au foyer, lieu de toutes les contaminations pour les enfants de France ? Avec interdiction, à ces « géniteurs d’apprenants » que sont les parents, d’ouvrir les cartables sous peine de nuisance aux principes républicains ? Des parents déboussolés transformés en paillassons sur lesquels le gouvernement s’essuie consciencieusement les pieds et qui pourraient bien finir par craquer !

17 décembre 2020

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