Le gouvernement annonce qu’un dispositif spécifique de surveillance renforcée des effets indésirables liés au anti-Covid-19 a été mis en place. Pour autant, certains cas de ne sont pas vérifiés ni, donc, comptabilisés par les autorités, en témoigne l’expérience de ce médecin.

Docteur, un de vos patients en EHPAD est décédé, quelques heures seulement après avoir reçu une injection du vaccin Pfizer. Tous les résidents sont-ils vaccinés systématiquement ?

Non, la vaccination n’est pas automatique. Les résidents en mesure de donner un consentement peuvent donner leur avis ; pour les autres, nous demandons l’avis des familles et ces avis sont respectés. Un certain nombre a refusé la vaccination.

Ce patient présentait-il des comorbidités ?

Tout d’abord, je dois apporter quelques précisions, car il ne s’agissait pas, à proprement parler, de mon patient. Il se trouve que je travaille dans un centre hospitalier spécialisé qui comporte plusieurs services de , des services de soins de longue durée et un EHPAD. Il y a quelques mois, j’ai été élu président de la CME (commission médicale d’établissement ) et, à ce titre, je suis régulièrement tenu informé des incidents qui se produisent dans l’établissement. De plus, il arrive que mes confrères me contactent pour me demander conseil lorsqu’ils sont confrontés à des situations inhabituelles. C’est dans ces circonstances que j’ai été contacté, mercredi dernier, par ma consœur gériatre, responsable de l’EHPAD. Cette dernière était dans l’embarras. Alors que la de vaccination avait eu lieu le jour même à l’EHPAD, en début d’après-midi si mes souvenirs sont bons, elle me signalait le décès d’un résident vacciné quelques heures auparavant par le vaccin Pfizer. Il s’agissait d’un homme de 70 ans souffrant d’une pathologie psychiatrique sévère, mais en parfaite physique jusqu’à présent.

Une autopsie va-t-elle être réalisée pour établir la cause du décès ?

C’est bien là le problème. Lorsque ma consœur m’a réclamé des conseils sur la démarche à suivre, je lui ai conseillé de différer la signature du permis d’inhumer et de contacter les services de l’ARS (agence régionale de santé), pensant qu’ils avaient prévu une procédure en pareil cas. À ma grande surprise, rien n’avait été prévu. Une autopsie aurait pu être réalisée, mais uniquement à l’initiative de la qui ne l’a pas souhaité, peut-être sous le choc de la nouvelle et devant les complications occasionnées par cette démarche.

Alors que les laboratoires ont dû brûler des étapes pour développer leurs vaccins anti-Covid-19 le plus rapidement possible, les effets indésirables à long terme sont inconnus. Ces effets sont-ils enregistrés par les centres régionaux de pharmacovigilance ?

Le cas a, effectivement, été signalé à la pharmacovigilance par ma consœur, mais en l’absence d’autopsie et de prélèvements post-mortem, il sera impossible d’établir un lien de cause à effet entre le décès et la vaccination. Les deux n’ont peut-être rien à voir, mais on ne le saura jamais.

Quand le gouvernement affirme, donc, que tous les effets indésirables du vaccin sont étudiés, c’est faux ?

Disons qu’on joue sur les mots, car pour pouvoir parler d’effet indésirable, il faut pouvoir établir un rapport de cause à effet. Mais si, à chaque fois qu’un tel rapport est suspecté, on ne se donne pas les moyens de le confirmer ou de l’infirmer, cela pose tout de même problème. Je tiens enfin à préciser que je refuse de me situer dans une polémique pro ou anti-vaccin. Si l’autopsie avait été réalisée et avait permis d’écarter la responsabilité du vaccin, cela aurait eu pour effet de rassurer les personnes qui ont pris la décision de se faire vacciner. Ce qui importe avant tout est de savoir pour pouvoir prendre les bonnes décisions.

Propos recueillis par Iris Bridier

17 janvier 2021

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