Par un phénomène encore inexpliqué à ce jour, la photo d’ tend à disparaître des affiches électorales de ses têtes de liste, pour le 2e tour des élections municipales à Paris. Aux côtés de Gaspard Gantzer, candidat dans le très chic VIe arrondissement, Édouard Philippe a remplacé l’ex-ministre de la Santé. Des Parisiens examinent l’envers de l’affiche. L’image d’Agnès Buzyn est peut-être imprimée de l’autre côté ? Elle n’y est pas non plus. Ça, alors ! Serions-nous en présence d’une candidate biodégradable qui tente de séduire la clientèle écolo ?

Interrogé sur ce tour de passe-passe, l’ex-conseiller de François Hollande nie toute volonté de se tenir à distance, selon L’Obs. « Agnès Buzyn est présente sur l’ensemble de ma propagande officielle », explique-t-il. Peut-être en raison de la qualité du papier, les photos de la candidate à la mairie de Paris ont tenu bon sur les prospectus destinés aux boîtes à lettres. « Nous sommes “en même temps” derrière Agnès Buzyn et “en même temps” les candidats de la majorité présidentielle. C’est très macronien. » Avec elle, mais pas avec elle. Juste entre les deux, mais tout à fait… Deux comprimés d’antidépresseurs seront offerts aux électeurs qui souhaiteront s’étourdir dans les méandres du concept. Il ne faut pas négliger l’électorat schizophrène.

Même disparition inquiétante sur les tracts de la candidate LREM du VIIIe arrondissement, Sophie Segond. Le phénomène prend de l’ampleur. Au sein des équipes, le nom de l’ancien ministre n’est plus proféré qu’à voix basse. Un changement de slogan peut encore intervenir : « En campagne avec Agnès B. » Croyant qu’il s’agit de la marque de vêtements, le bobo parisien pourrait être emballé par cette alliance politico-shopping. « Moins 10 % sur la collection automne-hiver à tout électeur qui portera son choix sur les listes macroniennes ! » De sa voiture munie d’un haut-parleur, Gaspard Gantzer doit partir sillonner les rues de Paris pour annoncer la promo de dernière minute. « Avec le bulletin de vote Agnès B., brillez dans les cocktails, épatez vos amis ! Élégant et en même temps pas élégant, joli mais moche, à la fois tendance et ringard, le vote Agnès B. est le complément indispensable de l’électeur moderne. »

Dans cette municipale perdue d’avance, les troupes macroniennes se couvrent, une fois de plus, de ridicule. À la veille d’une pandémie, à la suite du scandale Griveaux, leur gourou avait réussi l’exploit d’envoyer au front la dernière personnalité indiquée en pareille circonstance. Une stratégie de l’échec qui amène, aujourd’hui, les têtes de liste à ce jeu de « cache-cache » pitoyable. Soldes Agnès B. : tout doit disparaître !

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