Editoriaux - International - Société - 14 octobre 2019

Des religieux favorisent-ils la pédophilie en Irak ?

En 2014, des articles de journaux s’inquiétaient d’une éventuelle légalisation de la pédophilie en Irak. En effet, un projet voté en Conseil des ministres, par 21 voix sur 29, projetait d’abaisser à 9 ans l’âge du mariage pour les filles.

Les médias bien-pensants avaient immédiatement fait la leçon : tout était faux, relayer l’information était un acte odieusement islamophobe. Avant de concéder que, certes, le projet de loi existait bien, mais il n’était qu’une manœuvre d’un parti chiite qui n’avait aucune chance d’être adoptée. De fait, l’âge du mariage « classique » est resté à 18 ans et le grand ayatollah Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak, a vigoureusement interdit d’aller en deçà de cette limite, ce qui est tout à son honneur.

Mais la BBC a récemment diffusé un reportage édifiant : des journalistes ont enquêté pendant onze mois à Bagdad et dans la ville sainte de Kerbala. Ils ont constaté que les mariages de « plaisir » sont fréquents, bien que la loi irakienne les interdise formellement.

Ces unions de plaisir ont la particularité d’être temporaires. On fixe dès le départ, dans le contrat de mariage, une durée : un mois, une semaine, un jour, voire une heure. Pendant ce laps de temps, les « conjoints » ont le droit d’avoir des rapports sexuels légaux. Les musulmans qui font l’amour sans être mariés risquent de recevoir des coups de fouet, voire d’être lapidés, selon la charia. Dans l’islam, les hommes qui épousent une femme doivent impérativement leur donner une dot qui reste à l’épouse si le mari souhaite divorcer. Le mariage temporaire n’échappe pas à cette règle. L’homme verse à la femme qu’il épouse temporairement une somme fixée à l’avance et qui restera à celle-ci. En France, cela s’appellerait de la prostitution ! Le mariage temporaire appartient à la législation chiite ; des sunnites les ont imités en instaurant le mariage de voyage, mais la grande majorité des religieux sunnites condamne cette pratique.

Douze religieux chiites interrogés en caméra cachée par la BBC ont approuvé le mariage de plaisir. Six d’entre eux l’autorisent même pour des fillettes de douze ans. Certains ont même affirmé qu’une petite fille pouvait le contracter à partir de neuf ans ! Deux d’entre eux ont expliqué qu’épouser une fille de neuf ans temporairement ne posait aucun problème si on respectait sa virginité : « l’époux » aurait le droit de caresser l’enfant, voire d’utiliser la voie anale si la fillette est d’accord (comment pourrait-elle dire non ?). En revanche, le devant est interdit, car une femme doit arriver vierge à son « vrai » mariage.

La BBC a prouvé que certains religieux ont contracté des mariages de plaisir.

Beaucoup de religieux chiites, dans ce reportage, se sont élevés contre cette pratique odieuse qui, je le rappelle, est formellement interdite par la loi irakienne. La pédophilie est bien illégale dans l’ancienne Mésopotamie, mais elle persiste malheureusement dans des proportions difficiles à établir : les hommes qui veulent y recourir trouvent ainsi des religieux pour justifier leur pseudo-union et apaiser ainsi leurs scrupules, si par hasard ils en avaient.

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