Des inscriptions médiévales révélées dans le Cénacle de Jérusalem
Ce Jeudi saint nous invite à nous intéresser aux traces tangibles, historiques et matérielles laissées par le Christ, lui qui fonda une religion dont les préceptes, deux mille ans plus tard, demeurent encore les piliers de notre civilisation. C’est ainsi qu’en avril 2025, la ville de Jérusalem fut le théâtre d’une révélation archéologique fascinante. Dans la chambre haute traditionnellement identifiée comme le Cénacle, le lieu associé à la Dernière Cène de Jésus avec ses disciples, une équipe internationale de chercheurs a ainsi dévoilé un ensemble de graffitis médiévaux gravés dans la pierre et longtemps dissimulés. Cette découverte vient ainsi approfondir notre compréhension de la présence des chrétiens en Terre sainte au Moyen Âge.
Des témoignages des pèlerins médiévaux
C’est au cours de restaurations et d’une étude détaillée des murs du Cénacle que des chercheurs de l’Autorité israélienne des antiquités et de l’Académie autrichienne des sciences ont mis en lumière près d’une trentaine d’inscriptions et de dessins laissés par des pèlerins médiévaux. Longtemps cachés sous des couches de plâtre appliquées au XVIᵉ siècle, ces graffitis n’avaient été qu’entrevus à partir des années 1990, sans que leur contenu ne soit pleinement étudié. Parmi ces inscriptions, certaines sont remarquables, comme celle d’un blason gravé appartenant à la famille patricienne von Rümlingen de Berne ou encore celle d’un certain Tristram von Teuffenbach, originaire de la région de Murau en Styrie, en Autriche, probablement présent en 1436 lors du pèlerinage à Jérusalem de l’archiduc Frédéric de Habsbourg, le futur empereur du Saint Empire romain germanique. Les scientifiques ont également relevé des inscriptions en arabe laissées par une chrétienne d’Alep, des signatures en latin et en caractères slaves, ainsi qu’une inscription arménienne datée de Noël 1300, qui pourrait corroborer l’hypothèse que le roi chrétien d’Arménie, Hethoum II, put atteindre Jérusalem après la victoire de son armée en 1299 contre les Mamelouks.
Ces graffitis témoignent alors non seulement de la piété individuelle de ces chrétiens, fiers de laisser leur nom dans un lieu où le Christ demeura ne serait-ce que quelques instants, mais aussi de l’ampleur des pèlerinages qui, depuis l’Europe et le Proche-Orient, convergeaient vers Jérusalem, véritable cœur vivant de la foi chrétienne.
Le Cénacle, un lieu historique et religieux
Le Cénacle de Jérusalem est une salle située sur le mont Sion, à l’extérieur des murailles de la vieille ville. Selon la Tradition, c’est dans cette chambre haute que le Christ partagea son dernier repas avec ses douze apôtres, la veille de sa Passion. Ce repas, connu sous le nom de la Dernière Cène, est relaté dans les quatre évangiles comme l’instant où Jésus institue l’Eucharistie et annonce la trahison de Judas. La salle est aussi désignée comme la « chambre haute » dans le livre des Actes des Apôtres, où Jésus ressuscité est apparu à ses disciples et où se seraient ensuite déroulés les événements de la Pentecôte, lorsque l’Esprit saint descendit sur les apôtres.
Sur le plan architectural, le bâtiment que l’on visite aujourd’hui n’est pas une structure du Ier siècle après J.-C., mais résulte de modifications successives, notamment celles réalisées par les croisés, au XIIᵉ siècle. En effet, au fil des siècles, le Cénacle fut transformé, détruit et rebâti avant d’être restauré par les franciscains, en 1335, qui y ajoutèrent une voûte gothique. Après l’expulsion des franciscains de ce lieu par les Mamelouks en 1447, l’étage supérieur fut aménagé en mosquée, tandis que l’étage inférieur, associé depuis le Moyen Âge à une tradition faisant de cet espace le tombeau du roi David, devint une synagogue, donnant ainsi au bâtiment une fonction religieuse plurielle qui perdura jusqu’à l’époque moderne.
Aujourd’hui, le Cénacle n’est plus à l’usage exclusif d’un culte particulier. En vertu d’un « statu quo » entre autorités religieuses et autorités civiles, les chrétiens ne peuvent y célébrer que deux messes par an, le Jeudi saint et le jour de la Pentecôte. Jean-Paul II, en 2000, et le pape François, en 2014, purent également y célébrer un office exceptionnel, témoignant de l’importance du lieu malgré les restrictions qui encadrent son usage liturgique.
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14 commentaires
Cela nous montre que le vandalisme par graffiti n’est pas seulement très ancienne, chose que nous savions déjà, mais que personne n’en était exempté.
Il ne faut pas aller en Israël en pensant retrouver les lieus comme ils étaient à l’époque de Jésus. L’église du St-Sépulcre, construite sur le Golgotha met son sommet à 3mètres de hauteur. On nous fait agenouiller dans un trou, où on ne voit rien. Dès l’entrée, des gens à genou frottent des objets sur une pierre qu’on dit être celle où on a étendu le corps du Christ après sa mort. Tout était fait pour me faire perdre la foi, cette idolâtrie vénale, dirigée par des moines qui ignorent tout de l’amour de Jésus, brutaux, mal gracieux. Copmbien j’ai préféré les églises de Capharnaüm, Nazareth, etc.
En plein accord avec Charly Frog, Tassenger et MI :
ce qui compte, c’est le message du Christ .
Marre de la déconstruction et des remises en cause permanentes de tout et de tous ceux qui ont forgé notre Histoire.
Ce qui nous est présenté aujourd’hui comme le Cénacle n’a donc plus rien à voir avec celui où s’assemblèrent le Christ et ses disciples, dont en fait nous ignorons à peu près tout. Nous en donner une photographie est donc quelque peu trompeur. Mais cela n’est pas très important.
En revanche, il ne me semble pas correct de dire que le Christ aurait fondé une religion. Justement, à la lecture des Évangiles, il nous paraît que le Seigneur évitait comme la peste d’emmener qui que ce soit dans des préceptes « religieux ». Les rites, l’apparat? très peu pour lui. La vie nouvelle qu’il apportait ne devait être fondée que sur l’amour. L’amour du Père, son amour à lui, et, par reconnaissance envers Dieu, notre amour envers le Père et envers le Fils. Cet amour, nous le manifestons notamment en nous aimant les uns les autres. Et comment nous aimer les uns les autres? En pratiquant les commandements que le Seigneur nous a donnés. Cela n’est évidemment pas une religion. C’est la vie, tout simplement.
Non, c’est simpliste et faux. La vie existait depuis des milliards d’années, et tout simplement. Mais avant Jesus, les hommes vivaient dans un régime de violence qui réglait tout rapport. La loi du plus fort régnait partout, on ne discutait que pour imposer sa volonté. Jésus est le premier humain à mettre l’amour au-dessus de la force! Et cette extraordinaire nouvelle s’est répandue ( par quel miracle?) jusqu’à aujourd’hui grâce aux saints et aux moines religieux (qui « relient » l’humanité à Dieu), ces semeurs d’amour universel et fondateurs de notre civilisation (basée sur une morale de paix et de service aux faibles). Malheureusement, tous les humains ont le choix et tous ne suivent donc pas ce message d’amour tous les jours ni avec tout le monde, préférant parfois vivre égoïstement ( sans se re-lier à leur créateur ni à son prochain, donc sans religion. Ne confondez jamais la religion avec les innombrables contraintes sectaires et trompeuses émises par des profiteurs ambitieux en mal de puissance qui soumettaient ainsi des millions d’adeptes par des propagandes et des mensonges. Ce terme a complètement perdu son vrai sens initial, sauf pour les pratiquants de l’amour infini, apporté par Jesus et transmis par les évangiles. C’est une religion du cœur qui unit les humains, tous frères. Les autres soi-disant religions ne relient à rien, puisque basée sur l’égoïsme, centrée sur soi-même en solitaire, leurs dieux n’étant que de faux prétextes pour imposer leur domination ( « Au nom de … »!)
Le mot religion ne vient pas de religare, « relier », mais de « religere », « trier avec exactitude ».
Ah que j’aime votre commentaire. Oui pour le christ pas du tout les apparats et le rituel complexe que l »on voit à cet rtaines messes mais une vraie parole d’amour. Les évangiles n’exigent pas tout ça mais invitent à aimer pardonner aider se souvenir de Jésus et prier le notre père.
Je suis d’accord avec vous, car le chrétien pratiquant n’a pas besoin d’un lieu pour prier cependant vous avez tort parce que les évangiles nous montrent que Jésus créé des rites comme celui de l’Eucharistie entre autres.
Pour revenir à l’article ce que j’aime dans les églises et qui m’émeut ce sont les prouesses artistiques de ceux qui ont décoré ces bâtiments On sent leur ferveur. Quant aux graffitis, ils sont intéressants pour les historiens qui veulent apporter quelques éléments factuels à l’Histoire, mais témoignent également de la Foi de ces personnes qui ont bravé beaucoup de dangers pour arriver jusqu’au Cénacle.
Christode et Archicomte, au piquet ! Vous avez archi faux tous les deux ! Et vous croyez
vraiment qu’on s’aime les uns les autres ? Non ! alors qui nous trompe ou nous a trompé ?
« L’histoire du christianisme semble encore loin d’avoir livré tous ses secrets. »
C’est rigolo cet inconscient progressiste.
Il va de soi que plus on s’éloignera dans le temps, plus les inexactitudes et les mensonges s’accumuleront, et moins on en saura. Et sur un sujet comme ça, c’est fichu depuis longtemps.
Jérusalem est un Disneyland depuis 1840. Tout graffiti a été laissé par un pèlerin passé plus tard.
Tout cela n’est pas très grave, ce qui compte c’est le message du Christ.
C’est curieux chez les athées ce besoin d’essayer de démontrer que la religion est un Disneyland.
Nul besoin de démontrer tellement c’est évident depuis des siècles !
Vous avez un avis si tranché que je ne doute pas que vous y soyez allé et que vos propos reposent sur du vécu . .. Mais je vous avoue que moi aussi ,avant de m’y rendre, je craignais un peu être confrontée à ce que je préfère nommer une sorte d’endroit commercial , plus proche de l’esplanade où campaient les marchands du Temple qu’autre chose. Et bien , non . En dépit de l’aspect effectivement » tourist trap » , même les incroyants , même les agnostiques y ressentent ce quelque chose d’impalpable , une émotion intense , qui nous étreint sans qu’on puisse l’analyser , on appelle cela , là-bas, ‘ le syndrome de Jérusalem » . Alors cher Monsieur, quelques soient » les mensonges » des Eglises, quelques soient vos idées , un conseil, le jour où vous pourrez vous y rendre , un conseil : Allez y et vous ferez la différence avec Disneyland