Près de soixante-dix élus de gauche et écologistes – des pléonasmes, en somme… – viennent de demander au gouvernement un moratoire sur le déploiement de la 5G, dont l’attribution des fréquences est imminente. Motif allégué : la chose se ferait « sans étude d’impact climatique et environnemental ni aucune consultation publique préalable ». Trois jours après la manifestation contre la suppression de 1.233 postes chez Alcatel, ça va bien y remonter le moral…

Outre un en opération classique de ratissage, on retrouve, parmi ces angoissés pour la planète, la fine fleur des maires écolos récemment élus de grandes villes, qui réclament un « débat démocratique décentralisé ».

C’est-à-dire un triple oxymore, à l’image de la Convention citoyenne pour le climat et ses 150 propositions : débat où tout le monde est préalablement d’accord sur les conclusions, démocratique parce que ceux qui ne sont pas d’accord ne sont pas invités, et décentralisé parce qu’il se passe à Paris.

Quoique largement feint, ce syndrome phobique devant les effets supposés des ondes électromagnétiques – et qui, bizarrement, n’avait frappé personne pour la 4G, la 3G, etc. – rappelle le débat sur la prétendue responsabilité des téléphones portables dans le développement des cancers cérébraux. Mais le bond économique de la Chine, qui permit à des centaines de millions d’individus d’accéder au téléphone portable en une décennie, démontra son innocuité puisque le taux de ce type de cancers y reste remarquablement stable…

Rien de nouveau sous le soleil puisqu’au XIXe siècle, déjà, le train était, pour les écolos de l’époque, censé tarir le lait des vaches et tuer les passagers au-dessus de 30 km/h. Comme quoi ce n’est pas d’aujourd’hui que le principe de précaution sert aux partisans de la stagnation, voire de la décroissance, quoique personne avant le calamiteux Chirac n’eût pensé à la graver dans le marbre de la Constitution.

Bien évidemment, Pierre Hurmic, nouveau maire de Bordeaux, signe le manifeste des deux mains. Lui qui ne veut plus de sapin de Noël (« un arbre mort ») devant sa mairie pourrait peut-être réclamer une « étude d’impact environnemental » sur l’implantation tous azimuts d’éoliennes (en RTT 75 % du temps) qui, sans parler du massacre des paysages, nécessitent chacune 1.500 tonnes de béton enterrées pour l’éternité ?

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