Qu’on soit chrétien ou non, il vaut la peine de relire le message de Noël de Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron. Face à l’adversité, il encourage les croyants et donnerait aux incroyants l’envie de se convertir. Il est de ces évêques, trop rares sans doute, qui ne transigent pas avec leur foi et savent, en respectant la tradition de l’Église, faire preuve d’une modernité et d’une lucidité que gagneraient à lui emprunter les politiciens qui nous gouvernent.

Ce message de Noël commence par un constat, partagé par beaucoup de Français, sur « la gestion inédite d’une épidémie dont nous voyons se multiplier les conséquences désastreuses, d’ordre psychologique et spirituel, économique et social, directement liées aux mesures de confinement et aux nombreuses restrictions des libertés qui en découlent ». Il souligne « le climat d’anxiété qui pèse sur beaucoup, entretenu par un discours officiel volontiers alarmiste et culpabilisateur ». D’autant plus que l’humanité est fragilisée par la perte « de ces fausses sécurités qui lui donnaient une confiance excessive dans les progrès de la science et de la technique ».

Celui qui croit au ciel, celui qui n’y croit pas, comme l’écrivait le poète Aragon, alors plus inspiré que lorsqu’il défendait l’idéologie communiste, ne peuvent qu’approuver cette analyse, qui détonne dans le concert hypocrite et contraint des encenseurs de nos dirigeants. Voyez, sur les plateaux de télévision, ces représentants de la majorité qui tentent, à coups d’arguments qu’ils semblent avoir du mal à ingurgiter eux-mêmes, de démontrer à tout prix que la politique suivie est bonne, puisque leur Président l’a choisie, incapables d’avoir l’honnêteté intellectuelle ou l’humilité de reconnaître la possibilité d’une erreur !

explique ensuite que « le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes, et tandis que s’éteint la lumière provenant de lui, l’humanité manque d’orientation et ses effets destructeurs se multiplient en son sein ». On n’est pas obligé d’avoir la foi, mais force est de constater que notre société, dans cette France « fille aînée de l’Église », comme le rappela Jean-Paul II en 1980, met de plus en plus à l’écart ses racines chrétiennes et tombe dans les illusions d’un matérialisme et d’un individualisme qui conduisent à un nouvel obscurantisme et à l’acceptation résignée de la servitude.

L’évêque de Bayonne met aussi l’accent sur les « atteintes, pour raison sanitaire, […] à la liberté de culte », que le Conseil d’État a lui-même dénoncées, et le fameux projet de loi pour renforcer les principes républicains qui, censé combattre le séparatisme islamiste, pourrait bien contribuer « à restreindre un peu plus la liberté religieuse ». Et que dire de l’amputation chez l’homme de ses « liens les plus naturels avec ses semblables », des « multiples fractures qui déchirent le tissu social », de « l’éclatement de la famille », des « violences faites à l’enfant à naître », des « entorses à la filiation » ? Autant de déviations de la raison qui tendent à devenir naturelles, dans une société de plus en plus soumise au conformisme de la pensée unique.

Ce message de Noël se termine par un rappel des paroles prophétiques du pape Jean-Paul II à Lourdes, le 15 août 2004 : « La Vierge de Lourdes a enfin un message pour tous […] Soyez des femmes et des hommes libres ! […] La liberté humaine est une liberté marquée par le péché. Elle a besoin elle aussi d’être libérée. Christ en est le libérateur […] Lui qui “nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres” », comme le dit l’apôtre saint Paul dans sa Lettre aux Galates. Avec cette exhortation finale : « Défendez votre liberté ! » Voilà des propos qui font du bien !

26 décembre 2020

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