L’humoriste Vincent Roca l’avait remarqué, « au football, seul le ballon n’est pas payé, c’est pourtant lui qui prend le plus de coups ». C’est assez réducteur, parce que depuis longtemps, il y a aussi les spectateurs, les policiers, les voitures, le mobilier urbain et les vitrines de magasins. Ce fut une fois de plus le cas, hier soir, pendant plusieurs heures, sur les Champs-Élysées, autour du Stade de France et de la porte de Saint-Cloud, après la défaite du PSG devant le Bayern.

Mais on s’en tire bien, une victoire française aurait provoqué bien plus de dégâts : « c’est moins grave que si c’était pire », se satisfont la plupart des médias. Comme à chaque veille de grands événements, un galonné dont les oreilles empêchent la casquette de lui tomber sur les yeux, nous avait bien dit que toutes les mesures étaient prises. Et, effectivement… 404 amendes pour non-port du masque, il a frappé fort !

Pour les interpellations de casseurs, on se contentera de 150, de cette espèce désormais dépourvue de tous les garde-fous comportementaux dont le service militaire de jadis permettait d’équiper beaucoup. Bref, un soir de grand match comme tous les autres, avec son cortège de violences face à un service policier en arrière de la main, aussi rituel qu’une grève d’enseignants en septembre, tant nous sommes habitués depuis longtemps à ce que les hommes de l’État ne fassent pas le quart de ce pour quoi nous les payons.

Mais – ministre non seulement de l’Éducation et de la Jeunesse, mais aussi des Sports depuis le remaniement de juillet – propose une solution novatrice : mieux éduquer les supporters ! (C’est vrai, on n’y avait pas pensé, à rééduquer les infirmières après les incidents qui suivirent leur manifestation du mois de juin…) Des gens qui tirent des bombes d’artifice sur les gardiens de la paix, brûlent quinze voitures, fracassent et pillent des magasins (Christofle, Nina Ricci).

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