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Editoriaux - Education - Politique - 8 mai 2020

De quoi s’inquiète l’Éducation nationale ? De ceux qui croient que le coronavirus est un châtiment de Dieu

À partir du 11 mai 2020, le ministère de l’Éducation nationale vérifiera la mise en œuvre du protocole de déconfinement pour sortir de la crise du Covid-19. C’est une belle occasion, pour , de renforcer sa propagande d’État.

Tout d’abord en infantilisant les enseignants : notre ministre se réclame d’une « école de la confiance », mais il ne fait pas confiance aux enseignants pour être capables de savoir, chacun dans sa discipline, quels seront les besoins prioritaires pour terminer cette année et préparer l’année scolaire 2020-2021 afin d’obtenir les connaissances minimales requises à la poursuite des études, puisqu’il met en ligne des « fiches d’objectifs pédagogiques prioritaires ». Officiellement, le but n’est pas de terminer les programmes, particulièrement lourds pour les classes de première et de terminale notamment, mais de vérifier l’acquisition des prérequis minimaux.

Ensuite, lorsque l’on se rend sur la page virtuelle ministérielle dédiée à cette action, le site Eduscol, on est surpris et même choqué de voir en priorité et bien visibles une liste de huit fiches en lien avec la marotte de notre ministre, à savoir non pas « lire », « écrire » ou « compter », mais « respecter autrui ». Et l’on pourra être encore plus choqué de voir que la propagande se fait désormais ouvertement : en effet, que viennent faire, dans des « fiches d’objectifs pédagogiques prioritaires », les fiches « risques de dérives sectaires » et « risques de replis communautaristes » ? Ainsi ces fiches vous expliquent-elles qu’il faut « identifier » et « prévenir les risques » d’une dérive sectaire, comme par exemple le fait de penser que le coronavirus pourrait être un « châtiment envoyé par Dieu » ou qu’il faut un « retour à la croyance comme seule solution salvatrice »… Ne serait-ce pas là une atteinte à la liberté de penser et d’expression ? Cela expliquerait peut-être d’ailleurs le traitement discriminatoire sur la date de reprise des cultes, pour laquelle Jean-Frédéric Poisson va tenter un référé-liberté auprès du Conseil d’État…

Pire ! L’élève doit désormais se trouver sous l’œil de Big Brother dès qu’il se trouve dans l’enceinte de son établissement scolaire : les enseignants en classe, les surveillants dans la cour et les couloirs devront être vigilants, repérer et faire remonter à la MIVILUDES (créé en 2002 par le gouvernement de M. Raffarin, mais qui trouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse) tout « propos hors de la sphère républicaine en rupture avec les valeurs de l’École » (ne sont-elles donc pas les mêmes que celles de l’État dans son ensemble ?) « et qui s’attaquent à la cohésion sociale ». Ne sont-ce pas, plutôt, les gestes dits « barrières » et la distanciation physique improprement nommée « distanciation sociale » qui s’attaquent à la cohésion sociale, à la reprise d’un comportement humain, chaleureux et bienveillant ?

En revanche, je cherche toujours la place du latin (j’ai abandonné depuis longtemps l’idée d’y trouver le grec ancien !) dans toutes ces « fiches pédagogiques prioritaires », alors que cette langue ancienne était présentée par notre ministre comme une discipline à revaloriser… Mais quelques lignes diluées dans la fiche « continuité pédagogique en français-lettres » ne suffiront pas à redorer le blason d’un ministère de plus en plus sectaire et radicalement idéologique.

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