Editoriaux - 23 avril 2019

De Notre-Dame à Paris au Vessel à New York : de la foi à l’architecture du vide

À New York, un nouvel édifice, The Vessel (le Navire), attire tous les regards, étrange construction moderne qui a coûté la bagatelle de 170 millions d’euros ; il compte 154 escaliers, 2.500 marches et 15 étages. Le top est l’entrée gratuite…

À Paris, elle attire tous les regards aussi, avant dans toute sa majesté, il y a quelques jours lorsqu’elle était en flammes, et chaque jour, désormais, par l’émotion, le respect et la foi des premiers concernés : les catholiques… Ici, l’entrée a toujours été gratuite.
Entre les deux entrées, mon cœur balance pour la vieille Dame de Paris : dédiée à la Vierge Marie, et ignore l’autre qui n’est rien qu’une construction, sans âme… un nouveau temple de la consommation moderne, inodore et sans saveur.

Il est pour le moins compréhensible que la première attire les regards, car elle est nouvelle dans le décor. En revanche, je m’interroge sur les motivations des visiteurs, qui ont du temps à perdre, pour ne rien voir, puisqu’il n’y a rien à voir.

J’oubliais les tours voisines, qui offrent déjà des points de vue, mais qu’on veut peut-être humaniser, avec cette nouveauté architecturale dispendieuse. Ici, en France, on végétalise, on ajoute des notes heureuses comme une petite pyramide au Louvre.

J’oubliais l’exercice physique, car la salle de sport ne suffit plus, et la campagne ou le parc pour marcher sont trop loin.

J’oubliais que c’est gratuit, alors autant en profiter !

Nos amis américains, pour lesquels j’ai le plus grand respect eu égard aux milliers de croix blanches qui piquent le sol français qu’ils sont venus libérer lorsque Paris menaçait de brûler, m’exaspèrent lorsqu’ils laissent construire une sorte de musée moderne inepte, où il n’y a rien à voir, sans aucun sens ni spiritualité.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, qui appartient quelque part à tous les Français, mais en premier lieu aux catholiques qui l’ont bâtie, et à ceux qui la font vivre (au sens pastoral du terme), est d’une autre trempe (avec beaucoup de plomb, aussi, il est vrai).

Sa hauteur, d’abord, au temps où elle était la plus haute de la capitale, était là pour être vue, montrer le chemin et la direction (vers Dieu), comme plus modestement nos innombrables petites églises ou clochers de province. C’est ma façon de voir les choses.

On y entre soit parce qu’on a la foi, voire pour la rencontrer (ce n’est pas une maladie), soit par curiosité pour voir, car ici, il y a à voir : de l’art, du beau, de l’esthétique, du magnifique, de la maîtrise des savoir-faire… Ici, il y a à sentir, l’encens mais aussi la foi, cette ambiance mystique qui vous saisit dans certains monastères (lieux de prières intenses) ou dans certains lieux de souffrance (camps, où des fois différentes ont permis de survivre). Ici, les catholiques, pratiquants ou pas, athées, simples touristes, sentent l’âme qui l’habite, les milliards de prières qu’elle a entendus, les messes qui ponctuent son quotidien.

Notre-Dame de Paris, c’est une ambiance, une communion, entre l’Histoire de France, la foi et l’art. Cette cathédrale est et sera toujours.

Pour moi, le Vessel n’existe pas ; c’est du vent seulement. Le feu aura le mérite, je l’espère, de rappeler à nos compatriotes que les racines d’hier, si décriées par les médiocres de tous bords, sont le socle de demain : Notre-Dame en est un, les dons qui affluent montrent que le peuple ne s’y trompe pas.

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