Michel Thooris : “Suicidez-vous ! : un slogan d’une infime minorité qui fait de la haine du flic son fonds de commerce !”

Samedi dernier, lors de l’acte XXIII des gilets jaunes, certains individus ont scandé ce slogan « Suicidez-vous » à destination des forces de l’ordre. Un phénomène nouveau ? Propre aux gilets jaunes ? Qui sont ces individus qui manifestent ainsi leur hostilité envers la police et les gendarmes ?

Réaction de Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police, au micro de Boulevard Voltaire.


Des Gilets jaunes ont crié ‘’ suicidez-vous’’, lors du dernier acte.
Comment avez-vous réagi en voyant cette séquence ?

Il faut remettre les choses dans leur contexte. Je ne pense pas qu’on puisse parler de Gilets jaunes, mais plutôt d’individus qui s’infiltrent et qui profitent du mouvement des Gilets jaunes pour faire entendre leur petite musique. Cela me rappelle étonnamment les slogans des événements que nous policiers avons connu au moment du mouvement de Nuit debout et des manifestations contre la loi El Khomri en 2016. Un noyau de personnes était toujours présent dans ces mouvements. Il insultait la police, appelait au meurtre contre la police et accusait la police nationale de tous les maux de cette société. Ces individus-là sont exactement les mêmes qui opèrent au sein du mouvement des Gilets jaunes. Une infime minorité de personnes, de crasseux n’ont d’autres buts dans la vie que de faire entendre leur petite musique extrêmement perverse et dangereuse pour la démocratie.

Cette ‘’haine du flic’’ est une constante dans toutes les manifestations. Elle n’est pas imputable à la manifestation elle-même, mais plutôt à des groupes isolés ?

Des groupes de personnes mènent un combat contre la police nationale. Ces individus s’infiltrent lors des manifestations, quelles qu’elles soient, pour faire entendre leur petite musique. Cela concerne une certaine classe politique, une certaine élite au niveau du show-business. Ils exploitent systématiquement le moindre événement d’ampleur médiatique pour essayer de faire entendre à l’opinion publique que la police serait violente, commettrait des bavures et serait anti-républicaine.

Vous ne nommez pas de groupuscules, mais on serait tenté de penser que vous faites allusion aux Blacks blocs…

Le black blocs en tant que tel n’est pas un courant de pensée, philosophique ou politique. C’est une technique de guérilla urbaine pour affronter des forces de l’ordre. Les blacks blocs sont composés de courants politiques ou philosophiques. Ils regroupent les antifas, les anarchistes, etc. Toute cette mouvance radicale de gauche va constituer le black bloc. Au sein de cette mouvance radicale, des différents groupes, des individus parmi les plus radicaux, font de la ‘’ haine du flic’’ un de ses principaux fonds de commerce de leur petite boutique.


Pourrait-on imputer la hausse des suicides dans la police à la sur-sollicitation des forces de l’ordre en raison de la multiplication des manifestations ?

La pression mise sur les collègues est inédite sous la Ve République. Ils subissent une pression extrêmement forte en termes d’horaire ou en termes d’exécution des missions. Ils sont toujours en porte à faux par rapport à l’obligation de répondre aux ordres qui leur sont donnés et dans le même temps le risque de mise en cause individuelle pour faute lorsqu’ils appliquent les ordres de l’autorité préfectorale.
S’ajoute à ce contexte-là, les problèmes récurrents de la police nationale. Je veux parler du manque de moyens et d’effectifs connus depuis des années et les problèmes de management et de rapport entre la hiérarchie et les collègues de base. Ce cocktail explique l’explosion du nombre de suicides au sein de notre profession.

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