Je ne suis pas militaire. Juste une Française qui paie des pour financer les missions de l’État, quand bien même certaines lui paraissent douteuses ou mal conduites.

Donc, nous avons banqué (cher) pour envoyer, sur le terrain boueux de , environ 2.500 gendarmes. Mission : rendre la route départementale à la circulation, démolir les squats et en finir avec cette chienlit qui pourrit la vie française depuis des années. Mais après dix jours de démontage/remontage des barricades et du bidonville agricole, on en est toujours au même point. Donc, je m’interroge : comment se fait-il que 2.500 militaires ne puissent empêcher des armées de « barbes à poux », comme le disait ce matin Philippe Gosselin (député LR) sur France Info, de revenir quotidiennement dresser des barricades et reconstruire leurs cabanons sur un lieu dont on nous dit qu’il a été nettoyé ?

Pire que cela : si l’on en croit le député de la Manche, “il y a plus de zadistes aujourd’hui à Notre-Dame-des-Landes qu’avant le 31 mars” ! C’est possible, dans la mesure où quelques centaines de soixante-huitards, nostalgiques de leurs années de , ont convergé là pour éprouver une dernière fois un petit frisson dans la culotte.

Pourtant, ça ne manque pas de propositions mirifiques offertes aux « néo- », comme les appellent aimablement les de . C’est pourtant bien un extraordinaire régime de faveur qui leur est proposé, mais ils font la fine bouche.

En dernier recours, madame Nicole Klein, préfet de Loire-Atlantique, a organisé, mercredi, une réunion avec Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique. Un bide. Fin de non-recevoir des barbes à poux. Retour à la case départ, soit pas de départ du tout.

Dans la conférence de presse que le ministre, fort marri, et la préfète ont donnée, madame Klein a communiqué aux journalistes le formulaire que les zadistes se refusent à remplir. Il s’intitule « Projet agricole de Notre-Dame-des-Landes, déclaration d’intention » et tient en trois petites pages : “Dans la première, le porteur du projet doit décliner son et son expérience professionnelle, notamment agricole. Dans la deuxième partie, le rédacteur doit présenter de manière “succincte” les productions agricoles envisagées et leurs modes de commercialisation. Enfin, dans un tableau, il doit indiquer les références cadastrales et les surfaces correspondantes.” Cerise sur le gâteau : « À aucun moment une signature n’est demandée », nous dit-on.

Le ministre Hulot ne cache pas sa déprime : “Ne confondons pas écologie et anarchie”, “le Larzac n’est pas reproductible ici”. Mais il n’est pas entendu.

On comprend, dès lors, que la puissante FNSEA commence à montrer les dents : “Nous ne voulons pas d’agriculture à deux vitesses, ni de régime de faveur à l’égard de ceux qui bafouent la loi en toute impunité depuis trop longtemps. Nous resterons donc aux aguets pour ne pas voir bradé tout ce qui a construit l’agriculture de Loire-Atlantique et d’ailleurs”, vient de déclarer le syndicat agricole dans un communiqué.

Et après, qu’est-ce qu’on fait ?

Le brave Gérard Feldzer, négociateur dans le dossier du projet d’aéroport, confie “garder espoir”. J’avais une formule, dit-il, “faire de Notre-Dame-des-Landes une terre et un ciel d’avenir”. C’est un gentil : “On s’accroche sur les projets individuels ou collectifs, quelle importance ?” Réponse du préfet : “Il faut que j’aie des noms de gens qui, à terme, s’inscriront à la Mutualité sociale agricole, payeront l’eau et l’électricité, diront où ils sont et ce qu’ils veulent faire.”

Mais, à l’évidence, c’est encore trop leur demander.

19 avril 2018

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