Le constat désastreux des EHPAD montre le danger extrême des confinements obligés. Dans un article précédent, je m’inquiétais du risque encouru par les équipages à bord des bâtiments de la Marine nationale participant à l’exercice Foch, prévu jusqu’à fin avril.

En particulier pour les quelque 2.000 marins à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, aussi bien pour ceux embarqués sur les navires de défense et de support.

La nouvelle vient, hélas, précisément de tomber : l’état-major de la Marine a été informé d’une suspicion de contamination qui pourrait toucher une quarantaine de membres de l’équipage du porte-avions.

Ordre lui a été donné de rentrer immédiatement à Toulon, son port d’attache, ce qui, de facto, met fin à l’exercice interallié en cours.

Ce n’était donc pas vraiment le moment…

De l’autre côté de l’Atlantique, les Américains ont été confrontés, quelques jours plus tôt, à un scénario identique, mais qui a conduit l’US Navy à une décision immédiate diamétralement opposée.

En effet, déployé dans le Pacifique, le porte-avions Roosevelt et ses 4.800 membres d’équipage a été victime du Covid-19, apparemment sur une grande échelle. Son commandant a alors demandé à son autorité l’autorisation de débarquer ses hommes à Guam, port le plus proche de son aire de déploiement.

Réponse immédiate et guère graduée : le capitaine Brett Crozier a été immédiatement démis de ses fonctions. Débarqué ! Le comble, pour un marin…

En l’occurrence, et étonnamment, ce n’est pas Trump qui a pris cette décision brutale, très expéditive, qui pourtant lui ressemble, mais le secrétaire d’État à la Navy, Thomas Modly.

Lequel, suite à une prompte polémique et une bronca de représentants, vient lui-même d’être « démissionné » !

La guerre du coronavirus est vraiment sournoise puisqu’elle se déroule à bord et non, selon les traditions militaires, dans les airs, en surface ou dans les fonds marins…

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