J’ai voté pour Emmanuel Macron en 2017. Comme beaucoup, j’avais été séduit par la promesse de renouveau de la classe politique incarnée par ce jeune homme dynamique, brillant et relativement inconnu. Mais plus que l’habillage, Emmanuel Macron était pour moi la solution à la principale raison du déclassement de la France : son inadaptation à l’Union européenne.

La plupart des pays européens profitent de leur appartenance à l’Union. L’Allemagne profite d’un euro faible (par rapport à l’ancien mark) pour renforcer son industrie, notamment automobile. L’Irlande a attiré les sièges des multinationales étrangères grâce à un taux d’imposition sur les sociétés plus faible que les autres. Les Pays-Bas concentrent les sièges sociaux des entreprises multinationales européennes (notamment Stellantis, ex-Peugeot-Fiat, ou l’alliance Renault-Nissan). Les pays de l’Est, comme les pays du Sud avant eux, reçoivent des milliards chaque année des fonds européens et leurs ressortissants ont dorénavant rejoint le niveau de vie des Européens de l’Ouest.

La France, quant à elle, souffre d’un euro fort (par rapport au défunt franc), ne reçoit que très peu de recettes fiscales des GAFAM, qui gagnent pourtant des fortunes grâce aux Français, voit ses entreprises déménager dès qu’elles sont rachetées ou fusionnées et paye le développement économique de ses concurrents de l’Est. Bref, la France se fait vampiriser un peu plus chaque année par ses amis européens.

Alors, que faire ? Il y a pour moi trois solutions : quitter, changer ou s’adapter à l’Union européenne.

Quitter l’Union est un processus long et à haut risque pour lequel les Français ne sont pas encore prêts. Les candidats qui le proposent sont marginalisés.

Macron n’a jamais défendu l’intérêt de la France face à l’Europe

Changer l’Union européenne est la promesse habituelle des candidats à la présidentielle. Aucun n’en a jamais rien fait. Principalement par lâcheté politique mais aussi par impossibilité pratique. Lors de la négociation des traités et des lois européennes, chaque pays défend durement ses intérêts. Ils n’ont donc, pour la plupart d’entre eux, aucune raison de modifier ces textes sous prétexte que les politiciens français n’ont pas pensé au bien du peuple qu’ils sont censés défendre.

Reste la dernière solution, la moins enthousiasmante mais la plus pratique : si on ne peut pas adapter l’Union européenne à la France, alors adaptons la France à l’Union européenne. C’était, pour moi, cela, la promesse derrière l’élection d’Emmanuel Macron : réformer la France pour qu’elle profite pleinement de son adhésion à l’Union.

Presque cinq ans plus tard, force est de constater qu’elle n’a pas été tenue. Le Président Macron n’a jamais défendu l’intérêt de la France mais toujours l’intérêt de l’Europe au détriment de la France.

Les exemples sont nombreux. Dans le domaine militaire, il a défendu une chimérique défense européenne qui consiste à brader notre industrie de défense aux Allemands : programme SCAF dans l’aéronautique, char franco-allemand, par exemple. Dans le domaine diplomatique, il a signé le traité d’Aix-la-Chapelle et promis, ainsi, à Berlin de tout faire pour son accession au Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre permanent, ce qui va mécaniquement diminuer l’influence française.

Il a également négocié le plan de relance européen de 750 milliards, dont 40 pour la France qui, en contrepartie, devra en rembourser, selon les estimations, entre 60 et 80 milliards. Mais peu importe, car le but, pour Emmanuel Macron, était de renforcer les liens entre les États européens par cette dette commune, pas l’intérêt de son pays.

Au-delà de ces exemples emblématiques, on constate partout que la France continue d’être la vache à lait de l’Europe et poursuit son déclin avec une délocalisation accélérée de ses entreprises et de ses sièges sociaux.

L’Union européenne continue de profiter de la France mais la France ne profite toujours pas de l’Union européenne. Emmanuel Macron n’a pas réussi et, pire, il n’a même pas essayé de changer cela, perdant ainsi son principal intérêt politique.

D’autant plus qu’une quatrième voie s’est ouverte : au triptyque quitter, changer ou s’adapter à l’Union européenne s’est ajouté le choix de résister. Les pays de l’Est (Pologne et Hongrie en tête) nous ont montré qu’un pays membre, même modeste, peut résister à l’Union européenne et défendre ses intérêts de l’intérieur.

C’est cette voix que je soutiendrai en 2022.

24 octobre 2021

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