Editoriaux - Environnement - Société - 3 août 2019

Combien de planètes ?

Comme tous les ans, le club de réflexion Global Footprint Network donne une date où l’humanité est censée avoir consommé les ressources de la planète pour l’année. Cette année, c’était le 29 juillet.

Comme d’habitude, l’étude culpabilise les pays développés producteurs de richesses qui, généralement, se nourrissent eux-mêmes, quand ils ne nourrissent pas le reste de la planète. Il paraît, pour le WWF France, « qu’à l’échelle de la planète, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et cultivé davantage de terres que ce que la nature peut nous offrir au cours d’une année ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Encourage-t-on les pays qui ne produisent rien, n’exploitent pas les richesses potentielles tant agricoles que minières ? Curieusement, l’Afrique n’est citée nulle part et ne fait l’objet d’aucune statistique. Que veut-on dire quand on déclare que nous avons pêché trop de poissons ? L’aquaculture permet de développer une production piscicole dont on ne voit pas les limites. On abat trop d’arbres mais les forêts des pays développés, notamment en France, sont en croissance. Les États-Unis sont accusés d’avoir besoin de cinq planètes pour maintenir leur mode de vie, mais les États-Unis sont exportateurs agricoles, pétroliers. Depuis des décennies, on nous menace de l’épuisement des ressources pétrolières et on n’arrête pas de trouver de nouveaux gisements, d’exploiter des ressources non conventionnelles, pétrole et gaz de schiste.

Il est amusant de constater que les États-Unis sont les grands coupables, avec cinq planètes, la France aurait besoin seulement de 2,7 planètes. Sur quelles réserves tirons-nous plus que nous produisons ? Notre agriculture nourrit largement notre population et on ne voit pas qu’il y ait un problème de renouvellement des ressources, la population est stable ou en très faible croissance, et c’est le cas de tous les pays développés traités comme des prédateurs, comme la Suisse, l’Allemagne ou l’Italie.

Le seul pays qui ait grâce aux yeux du Global Footprint Network est l’Inde, qui n’aurait besoin que de 0,7 planète, l’Inde avec sa misère, ses enfants au travail (environ 60 millions d’enfants), sa croissance démographique (1,25  % par an), l’illettrisme. On prévoit que l’Inde deviendra le pays le plus peuplé du monde en 2025.
L’Afrique ne fait l’objet d’aucune statistique, sa croissance démographique est de 4 % par an, sa croissance économique d’environ 2,5 % par an. L’Afrique s’appauvrit par habitant qui, déjà pauvre, émigre et submerge la planète.

Et comme tout cela n’est pas très convaincant, on va chercher la tarte à la crème : l’émission de gaz carbonique (CO2), si bien que, pour la France, « le point noir est la voiture individuelle qui compte pour 16 % des émissions totales de CO2 du pays ». La bagnole, toujours la bagnole, cette bête noire absolue. Circulons à pied, à vélo ou en bus, et condamnons toute l’industrie automobile.

Décidément, les écolos voudraient nous ramener au Moyen Âge où, comme chacun sait, le manant se gobergeait d’une poule au pot tous les dimanches.

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