Pour , “il n’y a rien à profaner [à Saint-Denis]. On a tout mis à la fosse commune en 1793”“rien” et “tout” désignant laconiquement les dépouilles des rois qui ont fait la France, selon le livre éponyme de Georges Bordonove, et “on” pouvant aussi bien être, dans sa bouche, pronom indéfini désignant une foule anonyme de révolutionnaires que première personne du pluriel, unissant sa personne aux sans-culottes dont elle est la fière héritière.

…mais « on » a oublié un petit « rien » : que « tout » avait été remis à la Restauration. 2 « On » n’a pas à « tout » connaître de son département pour être élu, mais « on » n’est pas obligé de ne « rien » savoir non plus, et « on » pourrait quand même se renseigner : « on » aurait pu jeter un coup d’œil sur Wikipédia pour vérifier avant de tweeter, mais il est vrai que l’Histoire en soi est un savoir bourgeois, et lorsqu’« on » appartient à FI, l’alpha est 1789 et l’oméga 1793. Avant et après, il n’y a « rien ». Sans compter « qu’on » est d’une génération pour laquelle la Restauration n’a jamais été enseignée au lycée, la France passant peu ou prou de la Révolution à la guerre de 14, avec juste un petit mot sur Napoléon, et aussi – cela va sans dire – sur les exactions de la colonisation. Pas plus de profanation, donc, à la basilique que de misogynie dans les bars de Sevran. Elle n’est pas belle, la vie, en Seine-Saint-Denis ?

Pour Éric Coquerel, le président de la République n’avait pas à “intervenir dans une église”, même pour un hommage à Johnny Hallyday. C’est ce qu’il a dit à la télé (CNews) en décembre dernier.

Mais un député de la République peut « intervenir dans une église » – comme il le revendique, bravache, dans un tweet épinglé, “J’assume d’avoir soutenu cette occupation” – pour y emmener, par provocation, une foule bruyante de migrants criant leurs revendications au mégaphone, et notamment “On est chez nous”, empêchant, comme le raconte un témoin sur Facebook, les fidèles de rentrer et de prier, et surtout d’assister à la messe dominicale – une obligation pour tout catholique.

Alors que la République, selon l’article 1 de la la loi de 1905, garantit le libre exercice des cultes, un député peut donc en toute impunité se vanter d’avoir contribué à l’entraver, et un autre peut nier, par un mensonge caractérisé, qu’un lieu de sépulture ait été profané.

Ne les appelez plus “les Insoumis” mais les “Toutpermis”. Qui peuvent dire à leur guise tout et rien. Et surtout n’importe quoi.

Notes:

  1. Le 19 janvier 1817, Louis XVIII fit ramener les restes de ses prédécesseurs, récupérés dans les fosses, dans la crypte de la basilique, où ils sont rassemblés (car la chaux a empêché leur identification) dans un ossuaire scellé par des plaques de marbre sur lesquelles sont inscrits les noms des monarques.
  2. Le 19 janvier 1817, Louis XVIII fit ramener les restes de ses prédécesseurs, récupérés dans les fosses, dans la crypte de la basilique, où ils sont rassemblés (car la chaux a empêché leur identification) dans un ossuaire scellé par des plaques de marbre sur lesquelles sont inscrits les noms des monarques.

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