Cinéma - Editoriaux - Société - 4 avril 2019

Cinéma : Unplanned, le film US pro-vie boosté malgré le politiquement correct

J’avoue que je ne me serais jamais penché sur le problème de l’avortement et, donc, je n’aurais jamais écrit cet article si, derrière cette question, ne se dissimulait la censure des élites progressistes hollywoodiennes. Mais, ayant moi-même tenté de produire un film sur le fait d’armes de la Légion (Camerone), je sais parfaitement comment l’« establishment » est à même de couper court à tout projet qui lui déplaît.

Unplanned, un film pro-vie, a entraîné une campagne d’intimidation aux États-Unis de plusieurs mois, avec boycott et sanction, menée par des activistes de gauche. Certains distributeurs allant même jusqu’à tenter d’en empêcher la sortie. Unplanned, qui pourrait être traduit par « non planifié », est l’histoire d’une employée du Planned Parenthood (un des principaux regroupements de planification familiale aux États-Unis) qui a vécu une expérience ayant changé sa vie alors qu’elle était témoin d’un avortement.

Le long-métrage raconte la véritable histoire d’Abby Johnson, qui quitta le Planning familial pour devenir une militante pro-vie.

Une fois qu’il était clair que le film irait à son terme, certains « libéraux » américains ont fait pression sur les réseaux de télévision pour qu’ils ne diffusent pas de publicités faisant la promotion du film, ceci uniquement parce qu’il véhiculait un message de combat contre l’avortement.

La première chausse-trape est venue de la MPAA, association interprofessionnelle américaine défendant les intérêts des six plus grands studios hollywoodiens sur le territoire des États-Unis. Celle-ci a classé le sujet en R, ce qui implique que les enfants de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte pour pouvoir pénétrer dans la salle. Comme le dit très bien, suite à ce classement, Ken Rather, vice-président de Pure Flix, la société de production : « Une fille de 15 ans peut se faire avorter sans la permission de ses parents, mais elle ne peut pas voir ce film sans la surveillance d’un adulte ? C’est triste. »

Ensuite, les publicités émanant de cette œuvre cinématographique ont été rejetées par de nombreuses agences : Lifetime, Hallmark Channel, HGTV, parmi d’autres. Lifetime, par exemple, a expliqué que le message ne pouvait pas être diffusé en raison de son « sujet sensible ». Or, cette omerta n’a fait que booster le film.

Enfin, le film a rencontré des difficultés sur Twitter. Un certain nombre d’utilisateurs ont rapporté qu’alors qu’ils suivaient le compte du film, ils ont vu le sujet oblitéré sans avertissement. Mésaventure survenue aussi à l’ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Richard Grenell, qui n’a pas pu partager la vidéo de la bande-annonce jusqu’au bout.

Pourtant, malgré tous ces avatars le film a rapporté, depuis sa sortie fin mars, un peu plus de 5,4 millions d’euros au box-office alors qu’il n’avait été accepté que dans 1.059 salles, dans un pays qui en compte plus de 40.000. Le magazine américain The Hollywood Reporter, ironiquement, avait pronostiqué qu’il n’en rapporterait au total que la moitié.

Cela n’a pas empêché le film d’être classé à la cinquième place du box-office après la première semaine, validant le deuxième meilleur départ de l’histoire de cette société cinématographique chrétienne.

En conclusion, on ne peut qu’espérer que ce film soit rapidement diffusé en France et que la pression du politiquement correct, qui ne manquera pas de s’exercer, au lieu d’assurer la condamnation de celui-ci, lui permettra, comme aux États-Unis, d’avoir un nombreux public.

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