Discours - Editoriaux - Médias - Politique - Rencontres - Santé - 15 février 2018

Chère Laeticia Hallyday, comme beaucoup de Français, je m’interroge…

Je ne vous ai jamais prise pour une sainte, et bien avant qu’on vous tresse des dithyrambes outranciers à la mort de votre mari et après la splendide cérémonie de ses obsèques (pour ceux que vous aviez choisis).

Je vous avais vite croisée alors que j’attendais de pouvoir interviewer Johnny et, vous ayant saluée sans obtenir l’ombre d’une réaction, je vous avais trouvée un peu hautaine.

Vous n’avez jamais été pour moi seulement cette épouse-infirmière parée de toutes les qualités par des médias aussi peu avisés, sur le plan de la psychologie, qu’en politique.

Toutefois, je ne méconnais pas que, sur un plan personnel et amoureux, vous avez été exemplaire en vous occupant de Johnny avec sollicitude sur le plan de sa santé, jusqu’à ses dernières années terribles où il se comportait avec courage et où vous assumiez avec vaillance et dignité, auprès de lui, un rôle que vous espériez sincèrement salvateur. Puis il est mort. Et un immense deuil populaire.

Si vous le permettez, quelques questions.

Pourquoi votre première démarche a-t-elle été d’aviser le couple Macron et l’AFP de sa disparition sans avoir la délicatesse naturelle et immédiate d’informer David et Laura et même leurs mères ?

Pourquoi, en 2014, Johnny a-t-il rédigé, à Marnes-la-Coquette, un testament olographe sans témoin, sans notaire pour des dispositions dont il savait que, forcément, elles auraient des effets considérables (Le Monde) ?

Pourquoi Johnny, dans son pays, a-t-il rédigé un testament qui privait Laura et David de tout ? Était-ce seulement parce que le droit californien permettait de déshériter les enfants quand le droit français ne l’aurait pas autorisé ?

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Pourquoi Johnny a-t-il non seulement privé David et Laura du partage de son patrimoine mais, ce qui est plus grave et inadmissible, de tout droit moral sur l’exploitation d’une œuvre et d’hommages musicaux à venir, surtout alors que David avait directement et magnifiquement contribué au formidable Sang pour sang ?

Pourquoi avez-vous décidé d’écarter de Johnny beaucoup de ses amis de longue date ? Parce que vous auriez eu peur que leur influence réduise la vôtre ? Parce que vous vouliez être seule aux côtés de Johnny (à “L’Heure des pros”, selon Daniel Hechter).

Est-il exact que votre père aurait menacé David effondré, le jour des obsèques ? Si c’est vrai, qu’avait-il donc à lui reprocher ?

Pourquoi n’avez-vous pas favorisé les rencontres de David et de Laura avec leur père ? N’était-il pas humiliant, pour Johnny, d’être obligé d’inventer une visite chez un dentiste pour pouvoir rencontrer sa fille ?

Pourquoi n’avoir pas tout fait pour que les derniers moments de leur père puissent être partagés par David et Laura ?

Pourquoi n’y a-t-il que Joy et Jade et votre famille Boudou dans votre cœur ? Parce que vous détestez les mères de David et Laura ? Parce qu’elles ont eu naturellement deux beaux enfants avec Johnny et que vous avez dû adopter ?

Pourquoi Johnny n’a-t-il pas trouvé auprès de vous une influence bienfaisante pour l’exercice de son rôle de père auprès de ses quatre enfants ?

Pourquoi, au contraire, n’avez-vous pas mis le holà au discours, sur la fin, très humiliant pour David et Laura, de Johnny se félicitant d’être père quasiment pour la première fois et ne parlant ostensiblement que de Joy et de Jade ? Et ne gratifiant qu’elles seules par son testament ?

Pourquoi, alors que vous dites être écœurée, et devant une réaction aussi majoritaire en faveur de David et Laura, ne mettez-vous pas tout en œuvre pour pacifier et restaurer de l’équité ?

Peut-être espérez-vous forcément l’emporter avec le conseil de quelques avocats internationaux ?

Vous étiez tout sauf une icône pour moi. Mais pour beaucoup, vous l’étiez. Pour le moins votre image est altérée, troublée, devenue équivoque.

Je vous suggère, dorénavant, de tout entreprendre pour sauver l’artiste et ne pas faire retomber sur vous seule une responsabilité qui est sans doute à partager. Comparez votre gloire de la Madeleine avec la désaffection d’aujourd’hui.

Aux interrogations que je formule, beaucoup attendent vos réponses.

Extrait de : Justice au Singulier

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