Economie - Editoriaux - Environnement - 20 novembre 2018

Cette petite grenouille verte donneuse de leçons va-t-elle exploser ?

C’est l’histoire de la grenouille française qui veut se faire plus grosse que le bœuf carboné mondial.

Les 280.000 gilets jaunes focalisent en ce moment l’attention sur un débat écologique très relatif concernant les 7,5 milliards d’humains de notre planète bleue, que les écolos tricolores veulent uniformément verte.

Rappelons quelques chiffres qui devraient rendre l’unique ministre d’État très modeste – d’ailleurs, en ce moment, il est plutôt silencieux -, le Premier ministre moins droit dans ses bottes et le Président plus clairvoyant !

La France « participe » pour 1 % des émissions de CO2 (gaz carbonique) du monde et seulement 7 % de la pollution européenne, dont les « champions » sont l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Les flatulences carbonées de la petite grenouille “frenchy” ne représentent que 2 % des deux mastodontes de la pollution que sont la Chine, championne absolue devant les États-Unis.

Ajoutons, encore, les autres fauteurs de carbone qui précèdent largement notre pays après les premiers cités, avec l’Inde, la Russie, le Japon, le Canada, la Corée ou encore l’Italie.

Imputer à nos diesel tous les malheurs du monde est infiniment prétentieux en même temps que profondément pitoyable. Cette inquisition civile qui prétend envoyer au bûcher tous les moteurs thermiques et autres chaudières oublie la réalité des faits et les exigences de la vie ordinaire.

Les Torquemada du bitume devraient regarder d’abord ailleurs, plus loin ou au-dessus d’eux. Que pensent-ils des milliards de litres de kérosène brûlés chaque jour par les avions de ligne, ou des millions de tonnes de fioul consommés par les géants des mers pour convoyer, en Europe et ailleurs, les produits industriels que nos pays occidentaux ne fabriquent plus ?

L’hérésie de la transition écologique est déjà flagrante avec les éoliennes, toutes fabriquées dans des pays étrangers proches ou lointains – dont la Chine ! Avec la prétention qu’elles pourraient couvrir une grande part de nos besoins en électricité. Qui devraient considérablement augmenter !

Car le summum de l’extravagance se profile avec la voiture électrique, que l’on nous pousse à acquérir et, évidemment, à utiliser. Outre les pollutions nombreuses et diverses que leur fabrication et leur recyclage – en particulier des batteries – engendreront, le carburant électrique devra être fabriqué et fourni en de très nombreuses « stations-service », indispensables relais à des autonomies plus que modestes et particulièrement contraignantes.

Déjà, le calendrier de fermeture des centrales nucléaires s’étire et se rétrécit, car les kilowatts du futur vont se faire exigeants.

D’ailleurs, ce n’est pas la plus mauvaise conséquence paradoxale de ce défi écologique que la France veut montrer au monde.

Mais qui sait si la sentence de la fable, vieille de 350 ans, ne pourrait pas affliger la prétentieuse petite grenouille nationale contemporaine : “La chétive pécore/S’enfla si bien qu’elle creva. »

À lire aussi

Chic, une élection où l’on peut oublier le vote blanc !

Les longs panneaux d'affichage montés devant les mairies et bureaux de vote, tels une mura…