Le 8 décembre dernier, le préfet de l’Hérault a saisi le tribunal administratif pour que la mairie de Béziers retire sa crèche du hall de l’hôtel de ville. Le tribunal a rendu sa décision lundi, ordonnant que la crèche soit retirée sous 48 heures.

Réaction de , maire de Béziers, au micro de Boulevard .

Le tribunal administratif de Béziers vient de donner raison au préfet et vous demande de retirer la n’y voyant qu’un symbole religieux et pas du tout culturel.
Que rétorquez-vous à la ?

“Nous nous réservons la possibilité de faire appel d’une part.
D’autre part, nous constatons que le juge des référés a largement outrepassé ses pouvoirs. Il n’est pas là pour trancher sur le fond. Il est là pour dire s’il y a urgence, un trouble à l’ordre public ou un vrai problème pour la . Dans ce cas, il prend une mesure conservatoire. Pour lui, la crèche n’est pas assez festive, pas assez traditionnelle et pas assez culturelle. Elle serait trop religieuse et cultuelle. C’est son point de vue, mais c’est au tribunal de le dire.
Enfin, je note que pour la première fois, ce ne sont pas des associations laïcardes, ces pseudo-associations de des droits de l’homme qui intentent cette procédure. C’est l’Etat lui-même! L’Etat, par son représentant, fait une guerre à la crèche. Par là il propage et défend une vision étriquée, rétrograde, rétrécie et rabougrie de la . C’est ce qui me saute aux yeux quand je lis la décision du tribunal.


Le tribunal enjoint à la commune de retirer la crèche de l’hôtel de ville sous 48 heures sous astreinte de 2000 euros par jour de retard.
Nous avons bien compris que vous vouliez faire appel. En attendant, allez-vous la retirer ou allez-vous payer ?


“Nous allons appliquer à la lettre la décision politique du tribunal.
On nous explique qu’il ne faut pas que la crèche se trouve dans le hall de l’hôtel de ville. La crèche va donc se déplacer de quelques dizaines de mètres pour être tout près du hall de l’hôtel de ville. Puisque la crèche est expulsée, elle sera accueillie comme tout réfugié qui doit être accueilli par notre ville. Cette dernière est attachée à défendre ses . Les Biterrois étaient déjà des milliers à avoir visité la crèche depuis le début du mois de décembre. Ils vont pouvoir continuer à venir aussi nombreux.
D’ailleurs, nous allons mettre une grande bâche à l’intérieur de l’hôtel de ville. Nous allons expliquer que la crèche est expulsée sur ordre de l’Etat et réfugiée à l’Hôtel du Lac qui est une propriété municipale en face de l’hôtel de ville.”


Est-ce une mal placée, de l’acharnement politique ou de l’application bête du droit ?


“Je crois que c’est tout cela à la fois.
C’est une vision étriquée y compris des décisions du Conseil d’Etat.
C’est une vision rétrograde de la laïcité.
Je n’exclus pas non plus une dimension politique. Je ne sais pas si cela se serait passé de la même façon avec une autre ville que Béziers.”

18 décembre 2017

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