Editoriaux - Société - 29 octobre 2019

Ce petit garçon de 7 ans dit qu’il est une fille : c’est sa mère qui lui a dit

À l’heure de rédaction de ce billet, la vidéo compte 3,2 millions de vues. Elle a été postée, jeudi dernier, par un certain Charlie Kirk via un tweet (1). Elle montre un petit garçon de 7 ans, James Younger, qui explique qu’il est une fille, que sa mère lui a dit qu’il est une fille, qu’elle l’habille en fille, le coiffe en fille, lui met du vernis à ongles. Donald Trump Junior, le fils aîné du président des États-Unis d’Amérique, a repris ce tweet en le commentant ainsi : « C’est une maltraitance contre un enfant. Les gens doivent se lever contre cette connerie. Ça suffit. » (2)

C’est au Texas que l’affaire se passe. La mère de l’enfant, Anne Georgulas, pédiatre, et son père Jeffrey Younger, mathématicien, ont divorcé et se disputent. La mère prétend que James est Luna, qu’elle est atteinte de dysphorie de genre, ce que le père conteste. Elle a tenté de faire modifier le jugement relatif à la garde de l’enfant afin de contraindre Jeffrey à respecter « l’expression de genre » de leur enfant. Dans un premier temps, elle a obtenu d’un jury pour elle seule la garde de son enfant. Mais les affaires judiciaires sont toujours plus compliquées que ça aux USA, pour le bonheur des feuilletonistes. Un juge a décidé d’invalider ce jugement et de maintenir la garde conjointe et la coresponsabilité des parents.

Des bruits avaient circulé sur les réseaux sociaux : la mère voudrait entamer pour son fils une transition médicamenteuse ou chirurgicale. Il s’agirait, d’après le jugement de jeudi 24 octobre, d’une rumeur dénuée de fondement, et aucun des parents ne se serait livré à des « abus, négligences ou violences ». En outre, ce jugement rappelle que les parents auront chacun leur mot à dire quant aux décisions médicales éventuelles en relation avec le genre de leur enfant et il leur est interdit de parler aux médias à ce sujet.

Voici l’heure de vous infliger quelques interrogations personnelles.

Ce n’est sans doute pas un geste qui porte à conséquence que d’étaler du vernis sur des ongles ou de faire porter une robe à un garçon, de loin en loin, au gré de circonstances exceptionnelles. Se déguiser fait partie des jeux indémodables pour les enfants. Mais une mère peut-elle considérer qu’il est anodin d’encourager de façon continue la confusion du genre chez son enfant, par exemple en lui donnant un prénom du sexe opposé ? Le fait d’être pédiatre n’est-il pas une circonstance aggravante ?

Le revirement judiciaire qui a permis d’invalider le premier jugement « confisquant » la garde au seul bénéfice de la mère a sans doute été obtenu via le tollé médiatique orchestré et monté en épingle par des conservateurs. Mais que peut-on dire d’une Justice qui est l’otage d’une opinion publique dont on sait bien qu’elle est manipulable ?

Primum non nocere (en premier ne pas nuire). Le problème de la confusion de genre, chez les enfants et les adolescents, rapidement baptisée « transidentité » par les idéologues du progrès, demanderait d’abord et surtout de la prudence. Pourquoi faut-il que ce soient de simples membres de la société civile tout juste armés de leur bon sens qui doivent monter au créneau contre des prétendus savants imbibés de théories fumeuses ?

Aucune maltraitance ? Pas si sûr…

 

(1) Traduction du tweet de @charliekirk11 : Les enfants doivent être protégés | C’est James Younger | Il a 7 ans | C’est tellement au-delà d’une erreur | Les médias sont silencieux et complices de cette folie | C’est la gauche | Retweetez et priez pour cet enfant
(2) @DonaldTrumpJr : This is child abuse. People need to start to stand up against this bullshit. Enough is enough.

À lire aussi

L’islamophobie ressentie

Si critiquer chaque religion relève de la liberté d’opinion, toute atteinte ou menace à de…