Canon français : deux députées LFI ont comparu devant la Justice pour diffamation

Les élues insoumises continuent, malgré leur contradiction, de dénoncer une « procédure bâillon ».
@YM Sévillia
@YM Sévillia

Alors que l’audience de jeudi devant le tribunal correctionnel de Tours les a faites se confronter aux plaignants, les députées insoumises Marie Mesmeur et Mathilde Hignet persistent et signent. Dans l’affaire qui les oppose aux deux fondateurs du Canon français qui ont porté plainte contre elles pour diffamation, elles dénoncent une « procédure bâillon ».

Accusations de « procédure bâillon »

« Aucun procès ne nous fera taire », scandent à tout va les deux élues, sur leurs réseaux sociaux. Au lendemain de l’audience laissée en délibéré jusqu’au 12 novembre, elles l’assurent encore : si elles se retrouvent devant la Justice, c’est bien pour avoir dénoncé le rapprochement entre les banquets du Canon français et l’extrême droite. Mais le déroulé du procès du 3 septembre semble plutôt montrer que les élues tentent de réécrire l’Histoire.

« On ne poursuit personne en raison des accusations, fussent-elles désagréables, de lien avec l’extrême droite. On a poursuivi – c’était le seul objet de cette procédure – un journaliste peu scrupuleux et deux députés un peu emportés qui se sont permis de relayer une information fausse : "Il y a des saluts nazis dans les banquets du Canon français, aujourd’hui on le sait". »

À l’issue de l’audience, Me Pierre-Henri Béart, l’avocat de Pierre-Alexandre de Boisse et Géraud de la Tour, justifiait ainsi les poursuites engagées contre les députées LFI d’Ille-et-Vilaine et le journaliste d’Ici Touraine qui, dans un article publié en octobre 2025, « présentait sans nuance l’existence de saluts nazis comme un fait avéré », selon l’avocat pénaliste.

À l’origine de l’affaire, cette pétition publiée anonymement à la veille d’un banquet festif organisé par le Canon français au château des Pères, à Piré-Chancé, en Ille-et-Vilaine, dans laquelle l’entreprise d’événementiel était accusée de connivence avec l’extrême droite, mais surtout de laisser des participants effectuer des « saluts nazis » lors de ses soirées. Signée par plus de 700 personnes et 13 élus régionaux de gauche, puis reprise par Ici Touraine, seules Marie Mesmeur et Mathilde Hignet avaient toutefois relayé la lettre ouverte sur leurs réseaux sociaux, les conduisant ce jeudi à répondre de ces accusations que les entrepreneurs jugent « infondées ».

« Un véritable soulagement, quelle que soit l’issue »

« Aucun des trois prévenus n’a été capable de rapporter la preuve de ce qu’il avançait, à savoir "il y a des saluts nazis qui sont commis dans les banquets du Canon français" », relève d’ailleurs leur avocat, qui voit dans le déroulé de l’audience « un véritable soulagement ». « Ceux qui nous accusaient des pires maux de façon un peu décomplexée et sans nuance ont dit devant les juges que mes clients n’étaient ni responsables, ni les soutiens de propos et de comportements dont personne n’a été capable d’établir la preuve. »

Mais à l’extérieur du tribunal, les députées qui ont réuni, à l’issue du procès, un comité de soutien à leur égard continuent d’affirmer être attaquées pour ce qu’elles dénoncent : le fait que le Canon français servirait « le projet de diffusion des idées d’extrême droite ». Elles en veulent pour preuve, dans un communiqué, que les plaignants n’ont pas nié la présence de drapeaux royalistes, de chants pro-Bardella ou encore les financements accordés au Canon français par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.

À cela, Pierre-Alexandre de Boisse et Géraud de la Tour, par le biais de leur avocat, répondent simplement que ces éléments ne sont pas l’objet de la procédure, axée sur des accusation bien plus graves, et au cours de laquelle Me Pierre-Henri Béart se réjouit que « les débats [aient] renforcé la conviction que la diffamation est clairement caractérisée ».

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Ces gens sont tout simplement des malhonnêtes en falsifiant les faits. Et puis, eux auraient le droit de diffuser des des idées d’extrême gauche, et ceux de droite pas les leurs ? En vertu de quoi ? Ils ne sont ni républicains, ni démocrates, ils représentent l’intolérance.
    PNG

  2. « agiter des drapeaux royalistes » oui, et alors ? Ces gens n’agitent pas non plus le drapeau français, il me semble… Je me demande toujours POURQUOI et COMMENT ils font pour systématiquement accuser les autres, de choses qu’ils n’hésitent pas à pratiquer eux-mêmes. Mais eux, « c’est pas pareil » !!!!

    • Je n’y suis jamais allée donc je m’en moque je dois dire, on connait les « artistes » qui y vont, grand bien leur fasse
      Et aussi, on y mange quoi ? C »était obono de LFI qui se plaignait qu’il y avait des cochons à la broche, il me semble, elle se plaignait aussi de la présence de trop de « blancs » mais bon

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