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Editoriaux - Religion - Société - 27 janvier 2020

Ça fume, sous la mitre

Jadis, l’Église caracolait en tête, montrant aux gens la bonne direction à suivre, et les gens, bon an mal an, s’y conformaient : ce sont les « racines chrétiennes » de notre pays.

Aujourd’hui, changement radical : tout se passe comme si l’Église rasait les murs ! Il y a quelques années, l’évêque de Vendée faisait publiquement repentance pour « l’emprise [trop importante] de l’Église sur la vie des hommes et des femmes de Vendée ». Un paroissien a réagi auprès de Monseigneur : « Aujourd’hui, l’Église de Vendée est voûtée ; elle a les cheveux gris et marche avec une canne ! Ses rangs se clairsèment à mesure que les cimetières s’emplissent ! Lorsque cette génération sera passée, les églises, devenues froides, vides, inutiles, seront désaffectées… et l’emprise aura disparu ! »

Devant cette perspective désolante pour les croyants, l’Église d’aujourd’hui tente de réagir. Et, sur le mode Ledru-Rollin – « Il faut bien que je les suive puisque je suis leur chef » –, elle se met à la remorque de la société, volontairement, les yeux grands ouverts. Ce n’est plus elle qui indique la voie : elle suit le troupeau. La dernière idée en date est révélée par le bimensuel L’Homme nouveau : la Conférence des évêques de France invite les paroisses à utiliser de nouveaux formulaires de baptême ne portant plus la mention « père », « mère », mais celles de « parent » ou « personne ayant l’autorité parentale ». C’est l’apparition du baptême non genré. Et de nous expliquer que ce changement ne doit rien à l’idéologie mais tout au pragmatisme. Aura-t-on seulement le droit, à l’avenir, de dire si le baptisé est un garçon ou une fille ?

Voilà une belle révolution, l’une de ces initiatives dont on ne peut que féliciter l’Église et qui va, soyons-en sûrs, ramener à la messe dominicale des paroissiens massivement éloignés.

Au passage, il faudrait, peut-être, rafraîchir la Bible. On lirait alors la Genèse ainsi : « Dieu créa l’homme à son image, mâle, femelle, homo, lesbienne, trans, bi, queer, il les créa. » Dans le même ordre d’idée, on prierait désormais ainsi : « Notre parent 1, qui êtes aux cieux… » ou « …sainte Marie, parent 2 de Dieu… »

Tout ceci va dans le bon sens, soyons-en persuadé.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? En plein débat sur la bioéthique, l’Église a une occasion unique de se montrer à la pointe du progrès : il lui suffit de raconter l’histoire du petit Jésus. Voilà un bambin né d’une femme – sur ce point, on reste encore dans la norme – mais sans père : c’est là que le bât blesse et que l’on rejoint les débats actuels. Pour se faire des adeptes chez les « progressistes » et repeupler les églises qui se vident, il suffit à l’Église d’annoncer que Jésus est né d’une PMA, procréation miraculeusement assistée.

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