Ce billet s’adresse uniquement à ceux qui ont du temps à perdre ou qui aiment la chasse au loup. Nous allons parler de Charline Vanhoenacker, née à La Louvière (Belgique), un ancien repère de louves, politiquement-correcte de profession et de… Bruno Retailleau, ancien jeune loup de la politique.

Doit-on présenter le sénateur de Vendée issu de Saint-Malô-du-Bois ? Reconnaissons-lui, tout d’abord, quelques positionnements politiques louables et une saine moralité apparente : élevé dans le catholicisme romain et fidèle à ses valeurs, on l’a vu, en 2016, soutenir les positions de la Manif pour tous contre les dérives caricaturales du mariage. Une opposition souvent assumée, en sus, face aux imprécations du lobby LGBT. On sait aussi que son honneur s’est appelé fidélité, même si les fidélités peuvent être douteuses : « Je suis fidèle en amitié. Ce n’est pas quand il arrive à mes amis des difficultés que je les quitte. C’est un de mes principes et celui-là, je ne l’abdiquerai pas », déclarait-il au micro des « Grandes Gueules », en avril 2019, après que tous – ou presque – eussent crié « haro » contre l’indélicat . Lui ne l’a pas fait.

Serait-il encore porteur de ces ferments d’allégeances passées qui poussèrent tant de paysans d’Anjou et du Poitou du printemps 1793 à s’engager derrière leurs élégants aristocrates contre le vent du « progrès », jusqu’à y laisser leurs vies ? De tous ces gars qui prirent rendez-vous « pour aller à la chasse aux loups » ? Peut-être même si lui aussi a su louvoyer – pour sa survie – dans le hallier politique : successivement député puis sénateur MPF, avant de passer à l’UMP-LR à la même fonction. Tout César finit par trouver son Brutus ; alors, n’est pas une exception.

Dans la course des prédateurs de la primaire à droite, où il s’est lancé le premier de tous, pour les de 2022, Bruno Retailleau a encore marqué son territoire en ce début d’année en imposant ses vues conservatrices au Sénat, le 3 février dernier, pour supprimer la pour toutes du projet de loi bioéthique examiné en chambre. Par cette position de fermeté – sur laquelle il paraît sincère –, il peut donner un signal à ceux qui seraient susceptibles de partager ses choix, tout en effaçant son manque de notoriété et de charisme dans son clan politique.

Pour aboutir, il faut entrer dans la lumière ; mais prendre garde à ne pas s’y aveugler. En s’aventurant en terrain médiatique ennemi, sur Inter, ce jeudi 18 mars, Bruno Retailleau est tombé dans le vrai piège à loup de la fausse blagounette potache. Accompagnée à la guitare par le blasphémateur du sérail , Charline Vanhoenacker a entonné une pochade devant le patron des sénateurs LR. Un geste « militant », en appui à la vilaine exhibition de Corinne Masiero : « Tout nu à la télé… Tout nu à la radio ! » Rassurez-vous – ou déplorez-le, si vous préférez –, elle n’a pas été jusqu’à risquer sa place en retirant ses vêtements ! Juste une attaque en biais, au passage, contre un mal-pensant notoire : « Tout nu à la télé, c’est toujours moins choquant que d’entendre Pascal Praud » ; humour belge garanti ! Et la voilà qui hurle : « À poil, Bruno ! », moque les « costards de Fillon » ; dégrafe son chemisier et dévoile un pudique « I love Bruno » sur… sa gorge ! Bof !

Le malaise ne vient pas de la stupidité qu’on absoudra. Mais de l’attitude forcée du sénateur obligé de rire (sous ) en forçant le trait pour ne pas paraître hors concours parmi les respectables. Piégé ; étranglé ; à rire des « costards » de son ami François. Une veste de plus pour celui-là ! Taïaut Retailleau, retaillé, qui s’en tire par une pirouette : « Apprendre que je suis le fantasme de Charline Vanhoenacker, croyez-moi, ça va étonner en rentrant au Sénat. » Drôle ?

Bruno Retailleau sera-t-il l’homme de la droite en 2022 ? À voir.

21 mars 2021

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