Beaucoup l’ont embrassée, d’une façon un peu niaise, d’une pulsion romantique, d’une passion sincère. De l’Atlantique à l’Oural, rendez-vous compte ! Ça avait du souffle, de l’envergure, de la vision ! Accordailles en liens de sang versé, épousailles de sangs mêlés, trames tissées de civilisations gréco-romaines, chrétiennes pas toujours très catholiques mâtinées de Germains, de Vikings, de Slaves, de Saxons, d’Ibères, de Bataves, de Vandales, de Wisigoths, d’Ostrogoths et d’autres Goths suivant quelques thraces effacés.

Alors, certains ont épousé en votant pour elle. Que la mariée était belle ! Cela n’a duré qu’un temps. Ce n’était guère qu’un fantasme. Après la nuit de noces est venu le réveil amer. Quelle gueule de bois ! Les pétales tombés, les épines sont restées. Le masque déposé, nous pûmes découvrir son vrai visage qui n’était que fards et phares trompeurs. Là où, avec confiance, nous pensions trouver protection et collaboration, il n’y eu que trahisons en appétences financières. Il faut dire qu’elle cachait bien son jeu. La Belle de jour avait Le Diable au corps ; goût du luxe, du lucre et du stupre. Aussitôt, la belle salope s’est adonnée avec furie aux flux, aux fluides, au libre-échangisme les plus débridés, à la compromission et au mépris pour ses peuples. La gueuse supranationale s’est grande ouverte, offerte aux lointains, gratuit, sans la moindre contrepartie, gorge profonde jamais rassasiée. Une péripatéticienne aurait plus de bon sens si ce n’est de morale. Elle nous susurrait pourtant que nous serions plus forts une fois réunis. Ce fut tout l’inverse, chacun tirant la couverture à soi, bien loin de saint Martin partageant sa pelisse : concurrences déloyales, dumping social, rescrit fiscal, jusqu’au monstre Frankenstein du Doktor Bolkenstein qui, une fois lâché dans la nature, ravagea nos contrées, dévorant nos travailleurs en détachant les siens.

Elle nous a maintenant à sa botte, à sa cuissarde de cuirs et de chaînes. La tendre aimée s’est révélée en mère fouettarde, nous assenant des idées démentes issues des cerveaux vérolés de technocrates insensés, des fous de Bruxelles cultivés hors-sol sur du compost sans terroir. Le plus étonnant est que ce ne sont pas tous des conspirateurs encagoulés mais aussi de vrais convaincus qui veulent nous imposer pour notre bien leurs convictions libérales, leurs idées libertaires, le sublime bonheur de l’indifférenciation des genres, la douceur de vivre dans la juxtaposition de cultures étrangères, la chance à saisir du Grand RemplacementNotre enfer pavé de leurs bonnes intentions.

« Que voulez-vous, ma brave dame, il faut bien financer nos futures retraites ! »

Leurs grands prêtres sont redoutables car ils détiennent le pouvoir auto-investi de la coercition à grand coups d’admonestations. Ces aliénés se concentrent dans une secte dont l’acronyme est CEDH. En parallèle, la Commission soutient en sous-main le TAFTA, le CETA, le Mercosur… espérant nous les faire avaler à sec en nous étourdissant d’une fausse valse-hésitation. Ainsi, nous aurons bientôt la joie de déguster du roquefort du Kansas, du poulet javellisé, du veau aux hormones brésilien et du champagne californien garantis d’importation par des menaces judiciaires en pénalités extraterritoriales stratosphériques. Il faut dire que, dans cette capitale incertaine qu’est Bruxelles, dans les brumes wallonnes, dans ce plat pays à se pendre, rôdent en toute discrétion des confréries un peu louches : lobbies occultes aux portefeuilles dispendieux, missionnés de GAFAM, dirigeants européens reluquant des postes en banques américaines, conseillers fiscaux de paradis ensoleillés, financiers cocaïnés, banquiers avides d’affaires, juristes judicieux et autres patrons apatrides… Et quand l’ancienne aimée nous demande de la suivre d’un clignement de l’œil qu’elle croit encore aguicheur, on peut lui répondre qu’il vaut mieux vivre seul qu’aussi mal accompagné.

Une fois que l’on a ressenti la morsure du sentiment du cocu, il est excusable de proclamer qu’on ne nous y reprendra plus et de suivre la voie du bon sens en écoutant la voix de la raison : on peut avoir beaucoup d’amis, ce n’est pas pour autant que l’on doive tous les inviter dans notre lit.

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