L’ami Georges Pernoud a pris la mer pour toujours. Du plus loin des océans, les skippers de l’actuel Vendée Globe ont envoyé des messages chargés d’émotion pour saluer son grand départ. Comme chez des millions de téléspectateurs, c’est la tristesse qui a gagné les cœurs.

C’est un cousin, un familier, qui a largué les amarres. À 73 ans seulement… Celles et ceux à qui il a transmis la passion du grand large, des océans et mers du monde entier ont le sentiment d’avoir perdu le capitaine de l’équipage, celui avec lequel chacun a comme l’impression d’avoir navigué un jour, sur un voilier dans les eaux tropicales ou sur le chalut d’un morutier breton.

Cet amour de la mer lui était venu presque par hasard, alors qu’il faisait un reportage sur une régate, caméra sur l’épaule, à bord d’un voilier lancé sur les mers du Sud. La ligne d’horizon l’avait immédiatement aimanté, les embruns enivré… et le monde de la mer était définitivement devenu sa seconde famille.

Georges Pernoud restera un confrère comme je les aime, et surtout comme le public de la télévision les aime. Simple, joyeux, passionné, rigoureux, strictement respectueux de son public. Son sourire avenant, sa voix grave et ses éclats de rire racontaient tout de sa vérité d’homme et de journaliste. La présentation de « Thalassa », entre 1980 et 2017, en avait fait l’un des hommes de télévision les plus populaires. Mais Pernoud était resté Pernoud.

Trente-sept années de fidélité. 1.704 rendez-vous hebdomadaires avec un public de plus en plus nombreux. Beaucoup (on ne citera pas de noms) se sont laissés griser pour beaucoup moins que ça. Chez Georges, c’était toujours la même simplicité, la même disponibilité, la même passion. Lui si discret, et même un peu bourru à ses heures, avait appris à faire de la notoriété sa compagne de tous les jours. Le plaisir que lui procurait, dans la rue ou au restaurant, le salut amical des téléspectateurs inconnus était comme un baume, un cadeau. C’est lui qui disait merci ! Jamais il ne s’agaçait quand on lui demandait un autographe ou un selfie. La joie de procurer du bonheur à des millions de gens qui ne monteront jamais sur un bateau le comblait de joie. Mais pas de quoi, chez lui, prendre la « grosse tête » !

Une simple question me vient à l’esprit : quel journaliste français aura fait autant que lui pour la protection de la nature ? Qui aura autant fait découvrir et admirer la planète, avec ses océans et les peuples de la mer, que Georges ? Il fut sans doute, à sa manière, le plus efficace des écologistes. De façon pédagogique et positive.

Son dernier combat contre la maladie a donc été perdu. « Une longue maladie », dit-on avec pudeur. C’est en Dordogne, dans le village de Monestier où il avait définitivement posé son sac après y avoir fait régulièrement escale entre deux reportages, que Georges Pernoud sera conduit en terre samedi. Dans l’intimité, à son image.

Nous sommes nombreux à partager la peine de Monique, son épouse depuis 1973, et de leurs deux filles, Fanny et Julie.

« Bon vent » disait-il à la fin de chaque édition de « Thalassa » et saluant de la main. Alors, cher confrère, bon vent !

12 janvier 2021

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