Avis à la population du Lot : Matignon s’installe à Cahors durant trois jours. Une occasion à ne rater sous aucun prétexte car, pour la première fois, et sans doute la dernière, le Premier ministre passera deux nuits – nous avons bien dit deux nuits – hors de sa tanière parisienne où il hiberne hiver comme été, par tous les temps et quoi que fasse la police pour tenter de le faire sortir.

Les habitants sont médusés. Une telle attraction ne se loupe sous aucun prétexte. Où est le chapiteau ? Y a-t-il des fauves ? Les questions fusent… La curiosité est à son comble.

Pour les besoins de ce déménagement sans précédent, Édouard Philipe (puisque c’est de cet artiste qu’il s’agit) sera accompagné d’une dizaine de membres du gouvernement et de la quasi-totalité de son cabinet. La direction ne recule devant aucun sacrifice. Arrivé sur place, notre saltimbanque présidera la deuxième Conférence nationale des territoires, jeudi, avant de rentrer ventre à terre, effaré par tant de terroir et de sauvagerie.

Au programme de ce séjour touristique, deux dîners républicains… Les autres repas ne le seront pas. Trop cher. Les costumes, les guirlandes… L’État ne peut se permettre tant d’apparat. Surtout en province. S’ensuivra une tournée dans le département : Gourdon, Figeac, Rocamadour, Biars-sur-Cère… Rendez-vous en terre inconnue. Photos avec quelques indigènes, rencontre avec une poule républicaine élevée en plein air, des moutons républicains, des canards aussi… Puis palier de décompression à Cahors avant le vrai retour à la vie normale.

Dans la foulée, le Premier ministre en goguette évitera de répondre à ceux qui lui reprocheront la coupe de 300 millions d’euros pratiquée dans les crédits d’État destinés aux collectivités territoriales. La tournée prévue à toute allure dans les diverses communes citées plus haut devrait permettre de fuir les auteurs de ces questions pas républicaines pour un rond…

Léger bémol, toutefois, à ce grand barnum publicitaire : la cinquantaine de conseillers d’Édouard Philippe ne le rejoindra pas pour la totalité du séjour lotois, mais par roulement. Le coût de l’ensemble de l’opération devrait donc atteindre le budget annuel d’un petit village du Lot…

À l’image du Tour de France, Matignon devrait songer à faire sponsoriser ses déplacements par une grande marque. « De passage dans votre ville, le Premier ministre va vous rouler dans la farine Francine ! Plus fine, plus légère, plus enrobante… C’est un vrai plaisir ! »

L’avenir est au coup de com’ autofinancé.

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