L’intrusion surprise de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à la trentième place des cinquante personnalités préférées des Français dans le classement du Journal du dimanche a fait l’effet d’une sorte de bombe. À retardement ? L’avenir le dira, sachant que dans le même temps, Emmanuel Macron passait de la 35e à la 63e place, devancé par Marine Le Pen, troisième figure politique du pays (61e), juste derrière Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale, qui pointe en 57e position.

Un classement révélateur de la fracture entre pays légal et pays réel

Bon dernier, le Premier ministre Élisabeth Borne joue les lanternes rouges, 93e dans le classement en question. Bref, jamais la distinction entre « pays légal » et « pays réel », si chère à Charles Maurras, le théoricien royaliste, n’aura été aussi voyante.

C’est même encore plus criant quand on se penche sur les artistes et sportifs plébiscités, ce qui fait dire au Point, non sans raison : « Le classement des personnalités préférées des Français adoube des célébrités honnies par la gauche néo-progressiste. » Ce qui démontre qu’encore plus minoritaire que le pays légal, il y a... le pays médiatique, cette ultra-minorité « néo-progressiste » demeurant pourtant largement majoritaire dans le « pays médiatique » en question. Bref, ce n’est plus un simple hiatus mais un véritable fossé, celui opposant désormais deux France qui se font face, pour reprendre l’expression de Gérard Collomb, le défunt ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron.

Des célébrités pas franchement du camp des progressistes

Les hommes plébiscités incarnent une sorte de France d’avant, fière et droite, pour reprendre l’expression chère à l’amie Gabrielle Cluzel. Derrière l’indétrônable Jean-Jacques Goldman, on trouve le chanteur Vianney (5e), qui ne fait pas mystère de sa foi catholique, Francis Cabrel (7e), le barde moustachu des campagnes, l’acteur Dany Boon (9e), l’homme des Ch’tis, ou encore le cuistot Philippe Etchebest (10e), pas tout à fait vegan aux fourneaux.

La progression la plus spectaculaire concerne Jean Dujardin, adoubé par le regretté Jean-Paul Belmondo comme une sorte de fils spirituel, qui passe ici de la 31e à la 12e place. Il est vrai que celui qui a redonné un coup de jeune à l’agent OSS 117 précéda de quelques années son homologue anglais 007 en matière de défense de la mère-patrie. Il est surtout l’homme de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de rugby, en septembre dernier.

Toutes bacchantes, béret basque, marcel et baguette de pain dehors, il incarna à l’occasion cette France d’autrefois. Le public adora, mais Libération, publié le 8 de ce mois, stigmatisait une « France rance » et « une carte postale sépia sentant bon la naphtaline ». Juste derrière, à la 13e place, l’inoxydable Michel Sardou, râleur en chef qui, en janvier 2023, proposait une marche de soutien en faveur du mari « déconstruit » de l’inénarrable Sandrine Rousseau.

Stéphane Bern (28e) n'est pas non plus un parangon de la déconstruction. L’homme de l’émission Secrets d’histoire, responsable de la mission Patrimoine en péril, incarne le charmant ludion qui se bat pour la sauvegarde des vieilles pierres, manoirs décatis et églises en perdition : un activisme qui touche le cœur de nombre de nos compatriotes et pas seulement celui des châtelains, aussi ceux qui ont déserté la messe depuis belle lurette.

Des dames « à l'ancienne »

Côté femmes ? Que des dames à l’ancienne : l’actrice Sophie Marceau (15e) et la présentatrice Karine Le Marchand (18e), dont l’émission Le bonheur est dans le pré se penche avec tendresse sur la France des paysans, oubliée entre toutes. On notera que même les « artistes urbains » mis en avant, Soprano (6e) et Grand Corps Malade (8e), sont de l’espèce tranquille et assez peu vindicative.

En revanche, s’il y en a un qui dégringole dans les grandes largeurs, c’est bien le footballeur Kylian Mbappé, qui tombe de la 4e à la 22e place. Voilà ce qui peut en coûter de prendre la défense de Nahel, mort lors d’un contrôle de police auquel il voulait échapper, le tenant pour « petit ange parti beaucoup trop tôt ». Une fois de plus, des médias minoritaires contre un peuple majoritaire ; la cause du people contre celle du peuple, en d’autres termes.

Comme quoi ces Français donnés pour fatigués en ont peut-être encore sous la pédale.

6270 vues

03 janvier 2024 à 17:30

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

30 commentaires

  1. Jordan Bardella ! Lui est brillant et au moins il a des convictions . Bien plus que le paltoquet Jupiter qui aura amené la FRANCE à la catastrophe . C’est des gens comme Bardella ; Zemmour ;Messiha et Marine Lepen dont la FRANCE a besoin .

  2. Jordan en tête de liste ! Nul ne s’en étonne, ravi ou non. Mais une dégringolade fait plaisir, celle de Mbappé qui, loin de rejoindre son petit ange dans les cieux glorieux, plonge tête première dans les catacombes de l’oubli. Et maintenant, pour parachever le tableau, l’un de ses comparses est accusé de racisme anti-blanc pour sa douce appellation « d’arabe de service ». Les footeux vont commencer à réfléchir avant de dégainer leurs « touits »…

  3. Les politicards qui ont gouverné la France depuis près d’un demi-siècle n’éprouve aucune honte à reprocher à ce jeune homme son absence d’expérience pour diriger un pays, eux qui sont les uniques responsables de l’état actuel d’une terre qu’ils ont délibérément détruite.

  4. Ces français rances, ces lépreux, font un beau pied de nez à cette France guimauve, à ces limaces qui se répandent dans un certain système médiatique, à ces bobos qui voudraient un « cesser le feu » en présence de l’ignominie, à ces planqués qui usent leur fond de culotte, méconnaissant totalement cette France qui vit douloureusement les conséquences de l’incurie de sa gouvernance. Cette France qui nie les réalités qui la giflent . Mais ils sont tellement imbus, ces bobos !

  5. A la place de Bardella je me méfierai de tous ces envoies de fleurs qui pourraient bien se transformer en baiser de Judas. Enserrer pour mieux étouffer.

Les commentaires sont fermés.