Baisser le prix à la pompe : pourquoi l’Italie et pas nous ?
Si jamais vous passez aujourd’hui à Paris près du Trocadéro, évitez d’y faire le plein. Le litre de SP95 y est affiché à 2,30 euros, tandis que le diesel atteint… 2,57 euros. Des augmentations totalement stratosphériques en quelques semaines. À titre de comparaison, fin 2025, le SP95 se situait autour de 1,65 euro le litre et le diesel en dessous de 1,60 euro. Bien sûr, la station du Trocadéro ne reflète pas l’ensemble du territoire français. Cependant, à l’échelle nationale, le prix moyen du SP95 s’établit à 2,05 euros, contre 2,20 euros pour le diesel.
Le prix du baril n'est pas le seul en cause
Les principales causes de ces augmentations sont connues. Depuis fin 2025, le prix du baril de pétrole est passé de 60 dollars à 110 dollars. Quand on sait qu’une différence de dix dollars joue sur 6 centimes, rien que le baril a renchéri de 30 centimes le prix à la pompe. Et encore, l’Europe bénéficie aujourd’hui d’un taux de change euro-dollar plutôt favorable. Mais le baril n’est pas, loin de là, le seul coupable.
L’écart entre le prix du pétrole brut et celui d’un produit raffiné s’appelle la marge de raffinage (MdR). Si la marge sur le SP95 a augmenté de façon modérée, celle du diesel a, quant à elle, triplé, atteignant des niveaux totalement inédits. Cette situation s’explique par un marché européen particulièrement tendu pour le diesel, dont l’offre s’est raréfiée en raison de la réduction des capacités de raffinage. Il convient de rappeler qu’en France, le diesel représente encore près des deux tiers de la consommation de carburants.
La marge de distribution (MdD), qui couvre transport, coût des installations et marge bénéficiaire, varie selon les distributeurs. Cependant, pour le SP95 comme pour le diesel, elle a baissé de 7 centimes, depuis le début de l’année. Les critiques adressées aux distributeurs ne sont donc pas fondées. À la MdD se rajoutent les certificats d’économie d’énergie (CEE). Comptant pour environ 13,5 centimes, ils sont rétrocédés à l’État, qui les redistribue pour financer la transition écologique dans le bâti et la mobilité. Les CEE ont été augmentés de 6 centimes, le 1er janvier 2026.
Enfin, les taxes comprennent une partie fixe - la TICPE (0,68 euro pour le SP95 et 0,61 euro pour le diesel) - et la TVA de 20 % appliquée au prix HT, mais aussi à la TICPE (la fameuse taxe sur la taxe).
En lissage annuel (50 milliards de litres consommés), les prix actuels (110 dollars le baril) conduiraient à une perte de pouvoir d’achat de 27 milliards d'euros, pour les Français. Si le prix du baril et les marges de raffinage sur lesquels nous n’avons aucun impact expliquent 77 % de l’augmentation, l’État engrangerait, de son côté, près de 7 milliards de recettes supplémentaires par rapport à 2025.
Situation explosive en vue
Face à une situation qui pourrait rapidement devenir socialement explosive (rappelons-nous l’épisode des gilets jaunes !), l’Italie a temporairement réduit ses taxes sur les carburants, abaissant le litre de 25 centimes durant vingt jours. Une telle mesure paraît difficilement envisageable pour la France, dont les finances sont beaucoup plus dégradées : un déficit 2026 attendu au-delà de 5,5 %, contre 2,8 % en Italie. Cette contrainte explique la réticence de l’exécutif à des propositions comme la baisse de la TVA de 20 % à 5,5 %, qui priverait l’État de 14 milliards d’euros de recettes.
Nous proposons, d’une part, de suspendre temporairement les certificats d’économie d’énergie, dont les résultats sont décevants et favorisent des effets d’aubaine. D’autre part, l’État pourrait restituer aux ménages et aux entreprises, via une baisse flottante de la TICPE, le surplus de recettes perçu mécaniquement depuis le début de l’année. Cumulées, ces mesures permettraient de réduire le prix du SP95 de 20 centimes et celui du diesel de 23 centimes. En lissage annuel, 11 milliards d’euros de pouvoir d’achat seraient rendus aux Français sans pour autant aggraver le déficit public.
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45 commentaires
Bonne analyse qui donne tort à Monsieur Lecornu…Astérix pour les intimes
Un peu moins de milliards à certain et la France réduira son énorme dette. L’état profiteur qui ne cesse déjà pas de nous spolier. On est vraiment des veaux.
Comment appelle-t’on les gens qui s’enrichissent en temps de guerre, déjà ? Je ne peux m’empêcher de repenser au film « au bon beurre » avec Rager Hanin et Andréa Ferréol. Mais c’était une fiction sans rapport … comme on dit. Aujourd’hui, c’est l’état français qui est un PROFITEUR DE GUERRE !!
Il faudrait déjà commencer par ne plus distribuer notre argent à tord et à travers.
Avec 3500 Mds de dette ça n’est pas possible. Mais si on supprime l’aide publique au développement, le sponsoring de toutes ces ONG anti France et qu’on réforme l’administration, on pourra supprimer toutes les taxes sur l’essence.
La question est de faire des choix, or aucun politique sur le plateau actuel n’est capable de faire des choix, juste saupoudrer l’argent qu’on a pas.
Bonne analyse qui donne tort à Monsieur Lecornu.
Mais tout simplement parce que les deux parties s’accommodent de cette situation : les français, devenus ouins-ouins, ont perdu toute notion d’opposition et plus encore de révolte, notamment depuis les Bonnets Jaunes qui souvenons nous avaient éclos alors que le prix du gas-oil était de l’ordre de 1,50 € le litre, et le pouvoir en place est quant à lui ravi de voir des recettes supplémentaires tomber dans ses caisses, qu’il saura utiliser à mauvais escient, et que d’autre part, il est tout à son bonheur de voir le marché des véhicules électriques se ressaisir. Conclusion, tout va très bien, Monsieur le Marquis !
a qui, notre si intelligent Président, a t il donné nos réserves stratégiques de pétrole ?????
A l’heure où même madame von der Leyen reconnaît que l’abandon du nucléaire a été une « Kolossale Fehler »(erreur colossale), faut-il continuer à faire payer 13 centimes sur le litre d’essence pour abonder une CEE rétrocédée à l’État, qui les redistribue pour financer la transition écologique, c’est à dire les éoliennes et le photovoltaïque qui nous coûtent un bras, qui engraissent la Chine, ne produisent que 5%,de nos besoins, lorsqu’on a la chance qu’il y ait du vent (mais pas trop) ou qu’il y ait du soleil, et alors qu’on a besoin de réinvestir dans le nucléaire que, grâce Macron, on a abandonné depuis 10 ans et pour lequel, aujourd’hui nos « sachants » se torturent la cervelle pour inventer de nouvelles taxes afin de le financer…
Simplement que les taxes sur 2,20 € le litre font plus de recette que si il est à 1,80 € le litre !! Elémentaire ,mais trop simple et on va nous chercher des explications fumeuses d’Enarques pour faire passer la « pilule » au bon peuple ignare
Le calcul serait bon si il comprenait les milliards généreusement donnés à l’Ukraine. Enfin, à zelensky pour être plus juste.
Et ça con-tinue!…
Il y a encore, dans les arcanes du pouvoir, des khmers verts qui veulent pousser à dé-dieseliser le parc automobile français. C’est la raison essentielle de cette position. Pousser les gens à « passer aux électriques » (malgré tous les inconvénients).
Le tout électrique est prévu pour pouvoir immobiliser tout le pays. Tout le monde à la niche.
Ça marche en Italie parce que ce pays est dirigé, il y a un chef d’Etat pas un cabotin.
Et alors ? …il n’en demeure pas moins que l’ensemble des taxes prises ou redistribuees par l’etat frole les 80 % du prix ! …Les chiffres avances par jordan Bardella-vasse sont donc faux et je rappellerai que le baril de Brent vient de redescendre a 90 dollars . Combien de temps pour voir les prix baunisser ?
Il e semble que le problème vient de la guerre provoquée par le tandem USA-Israël pour satisfaire seulement ses propres intérêts. Et si l’on demandait à notre gouvernement et notre président d’agir internationalement pour la paix?
C’est comme si l’on demandait à un manchot d’applaudire…
Par ce que l’Italie est mieux gérée que la France par des politiciens plus performant et moins budgétivore, tout simplement.