, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes (sic), prépare une loi en vue de combattre et sanctionner le harcèlement de rue, entre autres. Le Président annonce la création d’une “police de sécurité du quotidien” pour constater et verbaliser les infractions. Il n’a pas spécifié si ses patrouilles seraient mixtes ou exclusivement féminines…

Harceler ! Ce mot comporte plus de quarante synonymes qui illustrent des formes de sollicitations ou de pressions très nuancées, voire même positives.

Les parents qui houspillent leur ado nonchalant ou qui pressent une fille aguicheuse de s’habiller moins sexy sont des harceleurs de la première heure. En l’occurrence, la répétition des algarades serait plutôt considérée comme une responsable et honorable pugnacité à bien élever leur progéniture.

Mais il est des attitudes d’encouragement qui peuvent s’avérer perverses, bien que ne tombant pas, à ce jour, dans les délits apparemment visés par la future loi Schiappa.

Des exemples multiples illustrent la propension à user de l’autorité médiatique ou de la réputation parentale dans le domaine de la mode et de la publicité, qui ne semblent pas outrager les associations – féministes ou autres.

J’en observe trois, en ce moment, comme exemples frappants qui devraient interpeller le bon sens commun, car il s’agit en quelque sorte de l’autorité sur personne dépendante, bien qu’apparemment consentante…

Une campagne de Mixa montre l’ex-Miss France Sonia Rolland avec sa fille Tess âgée de dix ans. Certes, la photo n’a rien de provoquant ou sensuel. Mais c’est un début bien précoce. Estelle Lefébure y pose également avec sa fille dont l’apparente nudité est équivoque. Mais rassurons-nous, celle-ci est majeure…

La fille de Vanessa Paradis, elle-même prodige juvénile des années 80, fait mieux (si l’on peut dire) que sa maman. À 16 ans, elle devenait le nouveau visage de Chanel et posait pour sa première en incarnation colorée et scintillante de « baby-doll », comme le voulait son mentor Karl. Depuis, elle trace son chemin au grand bonheur des lectrices (et lecteurs) de magazines féminins qui applaudissent au génie.

Je me demande ce qu’en pensent les pères de ces petites merveilles, que l’on n’entend pas. Fierté partagée ou réprobation étouffée ?

Des anciens, nostalgiques de cinéma, pourront rappeler avec une belle émotion l’exemple de Jeux interdits, de René Clément, avec Brigitte Fossey, charmante fillette blonde alors âgée de cinq ans. Mais c’était une autre histoire…

Le troisième exemple est plus pathétique, qui concerne Kaia Gerber, la fille du “top” américain Cindy Crawford. Belle comme sa mère, âgée seulement de seize ans, elle vient de défiler récemment à Milan, habillée et maquillée comme une gorgone et maigre comme une crevette affamée. Au point que de nombreux internautes se sont alarmés et ont fustigé son “anorexie (contractuelle ?) de podium” en visionnant un autoportrait qu’elle a elle-même posté sur Instagram.

On se plaît à dénoncer et stigmatiser les pays comme l’Inde ou le Bangladesh, qui permettent le travail de jeunes enfants, ou d’autres contrées qui autorisent le mariage, évidemment forcé, de fillettes. N’est-il pas aussi immoral, dans nos sociétés dites évoluées, de se rendre complice, voire encourager l’exploitation de très jeunes filles au prétexte qu’elle exalte la beauté féminine, mais surtout accroche l’œil (surtout le masculin !) dans les vitrines de sous-vêtements féminins et enjolive les arrêts de bus de sourires et formes gracieuses, voire lascives ?

17 octobre 2017

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