Au J+2 du couvre-feu qui frappe surtout les restaurants après 21 heures, le gouvernement semble faire preuve de la plus grande fermeté. Notre chantant Premier ministre réaffirme sa volonté d’appliquer des règles simples et claires pour tous : tout le monde au lit en début de soirée sans exception culturelle. Cette détermination sans faille se traduit par une intensification des contrôles dans les bars et restaurants. Ainsi, un patron d’établissement se voit infliger une amende de 135 euros en raison d’un masque porté sous le nez.

En écho à cette coercition nord-coréenne, notre sémillant ministre de l’Intérieur déclare, à propos de l’attaque en règle d’un commissariat de police sans aucune réplique des forces de l’ordre, que les « fauteurs de troubles » seront poursuivis « avec la plus grande fermeté ». Il est fort à penser que les racailles à mortier doivent trembler devant ces propos qui font penser à Martin Lamotte hurlant, d’une voie stridente, « Attention, je vais crier très fort ! » dans le cultissime Papy fait de la Résistance, lors de la scène finale parodiant l’émission de télévision « Les Dossiers de l’écran ».

Cette fermeté de papier-chiffon est à mettre en perspective avec le profil de l’assassin de la jeune Iséroise de 18 ans, Victorine Dartois, lâchement massacrée le 26 septembre alors qu’elle rentrait chez elle à pied. Le « jeune père de famille », comme l’ont curieusement qualifié les médias, est l’incarnation du laxisme judiciaire français qui contrevient totalement aux pseudo-coups de menton prononcés par les tenants de la République des mots. Ainsi, le dénommé Ludovic Bertin, dont on nous refait le profil du voisin serviable et souriant, présente un pedigree des plus inquiétants dont on se demande pourquoi il ne dormait pas en prison au moment des faits. Le Dauphiné libéré nous apprend que ce sinistre personnage a empilé une dizaine de condamnations pour « port d’arme, vol, vol avec effraction, destruction, violences ou encore des délits routiers, […] fréquentant au passage des délinquants plus chevronnés qui s’adonnaient notamment à des car-jacking et des casses ». Devant cet inventaire à la Prévert, la Justice a fait preuve de la plus grande fermeté en lui imposant le port d’un bracelet électronique.

Durs avec les faibles, doux avec les forts, Mesdames Taubira et Belloubet, Monsieur Dupond-Moretti et vos cohortes de magistrats biberonnés à la culture de l’excuse, combien de Ludovic Bertin sont-ils dans la nature, bénéficiant de votre mansuétude criminelle ? Encore combien faudra-t-il de Victorine pour appliquer la loi avec fermeté ?

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