Peur sur la ville ! Pour lutter, toujours et encore, contre la recrudescence exponentielle du Covid-19, le Président Macron instaure un « couvre-feu » de 21 heures à 6 heures du matin dans plusieurs agglomérations urbaines (Île-de-France, Aix-Marseille, Montpellier, Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Toulouse, Rouen et Lille), pourtant après avoir décrété une longue série de restrictions depuis la fin du mois d’août : un nouvel état d’urgence sanitaire entrant en vigueur dès la nuit du 17 octobre, où les cas de positivité aux tests dépassent les 12 % en moyenne, donc là où les hôpitaux risquent d’imploser. Mais ces chiffres sont erronés, puisque le délai d’enregistrement des résultats est d’au moins quinze jours. Bref, un échec cuisant ! Et, dans tous les cas, ce sont encore les citoyens moyens qui paient l’addition de l’incompétence conjuguée avec la vanité. Une société déchirée, à présent, par tous les clivages : juniors contre seniors, cadres contre fonctionnaires, caïds contre policiers, covidologues contre covidologues, etc. Autopsie d’un cadavre à la renverse : la démocratie libérale.

Voilà ce qui arrive quand on ne ferme pas ses frontières par libre-échangisme obsessionnel, quand on cède autant à l’Europe des marchés et des normes – notamment contre ses services publics –, puis quand on a si peu de troupes (policières, militaires et médicales) par voie de conséquence. Somme toute, n’est-il pas étonnant que les villes concernées par ces mesures soi-disant martiales soient celles où les déplacements de population d’une frontière à une autre sont les plus fréquents (sauf à Rouen), où le tourisme et l’immigration sont de masse ? En définitive, ce sont les États pour qui seul le droit fait autorité, pour qui la force ne peut être déployée que contre les faibles et pour qui le plaisir individuel doit annihiler le bien-être social qui ont et auront à rendre gorge face à ce virus.

On attribue traditionnellement les origines du libéralisme à Adam Smith. Mais c’est confondre libéralisme politique et libéralisme économique : oublier que c’est le premier qui avait germé sous la plume de Thomas Hobbes, au XVIIe siècle, au moment où il s’agissait de fonder la monarchie constitutionnelle, l’État n’ayant alors qu’une seule prérogative, en l’occurrence celle de veiller à la sécurité de chacun contre la tentation humaine, trop humaine, de sombrer dans « la guerre de tous contre tous ». Or, que voyons-nous aujourd’hui, en particulier en France, si ce n’est un amas de stratagèmes pour se dédouaner de ses responsabilités personnelles ? De fait, la macronite est aiguë ou n’est pas.

Alors, Jupiter réprime, à défaut d’imprimer (de 135 à 1.500 euros d’amende). En « Dr Good » ou en pasteur américain, il prêche et admoneste les citoyens jusque dans leur intimité, à l’occasion de son entrevue élyséenne : un sinueux sado-protestantisme (l’autoritaire Chine a-t-elle été jusque-là ?). Seulement, un chef politique digne de ce nom ne doit-il pas, a minima symboliquement, être un chef militaire ? Passant outre l’angoisse de la mort, il doit protéger les siens contre les autres, y compris contre sa caste : géants du Web, fonds d’investissement étrangers, technocrature de Bercy, oligarchie bruxello-berlinoise, etc. N’errant jamais entre l’ordre sanitaire et l’ordre médiatico-judiciaire…

Partager

À lire aussi

Crise sanitaire : qui sont les gagnants ?

La pandémie a révélé le vrai visage des sociétés libérales et démocratiques, tant leurs po…