Aux alentours de 19 heures, ce mercredi 25 janvier, un homme, armé d’une machette a tué un sacristain et blessé gravement un prêtre dans deux églises du sud de l’Espagne. Une enquête a été ouverte pour « faits présumés de terrorisme ». Plus de cinq ans après les attentats en Catalogne, l’Espagne est de nouveau confrontée à la menace islamiste sur son sol.

Deuil et recueillement en Espagne

Jour de deuil. Ce 26 janvier, au lendemain de l’attaque à la machette qui a coûté la vie à un sacristain et gravement blessé un prêtre, « l’émotion est immense, partout en Espagne », commente, pour BV, José-Maria Ballester, journaliste espagnol. À Algésiras (Andalousie), lieu du drame, les habitants « pleurent en silence » et se rassemblent pour prier. En signe de deuil, les drapeaux municipaux sont mis en berne.

L’attaque commence peu après 19 heures. Un jeune homme de 25 ans, vêtu d’une djellaba et armé d’une machette, pénètre dans l’église de San Isidro, à Algésiras. Pendant la célébration de la messe, il se dirige vers le père Antonio Rodriguez et le blesse gravement au cou. Grâce à l’intervention rapide des secours, le Salésien de 74 ans est mis hors de danger. Quelques instants plus tard, l’assaillant se rend dans l’église voisine de Nuestra Señora de La Palma et détruit une partie du mobilier religieux. Par méprise (selon le curé de la paroisse), l’attaquant, pensant agresser le curé, s’en prend ensuite au sacristain et le blesse une première fois à l’abdomen avant de lui assener, hors de l’église, plusieurs coups mortels. Selon les premières informations, il aurait alors crié « Allah Akbar ». Diego Valencia, fleuriste à la retraite et sacristain depuis une quinzaine d’années, succombe à ses blessures. Ce père de famille laisse derrière lui le souvenir d’un « homme fidèle » et impliqué dans la préparation de la Semaine sainte.

Immigration et islamisme

Rapidement, les forces de l’ordre interpellent l’assaillant et le placent en garde à vue. Une enquête est ouverte pour « faits présumés de terrorisme ». D’origine marocaine, le terroriste présumé, arrivé illégalement sur le sol espagnol, était sous le coup d’une mesure administrative d’expulsion depuis le mois de juin 2022. « Sans antécédents », il était surveillé seulement depuis quelques jours pour « comportement suspect ».

Pour une partie de la droite espagnole, le lien entre immigration et islamisme est alors évident. Santiago Abascal, président de Vox, ne cache pas sa colère sur son compte Twitter : « Les mafias du trafic d’êtres humains et les politiciens qui ouvrent les frontières […] ne peuvent cacher leur responsabilité. » Sa collègue, Rocío de Meer, abonde dans la même sens auprès de BV : « Nous réagissons avec une profonde douleur de voir que ce que nous disons depuis tant d'années se réalise au prix du sang et brise des vies. » Mais ce constat est loin de faire l’unanimité en Espagne. Pedro Sánchez, chef du gouvernement et secrétaire général du Parti socialiste, se contente seulement d’adresser ses « plus sincères condoléances » aux familles des victimes. D’autres qualifient de « misérable » le rapprochement établi par Vox entre l’immigration de masse et l’attaque de ce 25 janvier. « Ils essaient de faire de l’assaillant un "cas isolé"’ », s’agace Rocío de Meer.

« Ce matin, les habitants d’Algésiras expriment une profonde peur », nous explique la députée de Vox qui s’est rendue sur les lieux de l’attaque. Pourtant, pour José-Maria Ballaster, pendant longtemps « la population espagnole n’a pas encore pris conscience de la menace islamiste ». Et ce, malgré les attentats meurtriers de 2004 et de 2017. Depuis plusieurs années, en Andalousie, porte d’arrivée de l’immigration depuis le Maghreb, les mosquées se multiplient au même rythme que l’augmentation de la population musulmane, affirme Rocío de Meer. Au même moment, le christianisme (encore majoritaire) recule en Espagne.

En Espagne, comme en France, certains élus, par « manque de volonté politique », explique l’élue de Vox, laissent l’islamisme gagner du terrain. Et les Européens finissent par en payer le prix du sang.

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26 janvier 2023 à 20:44

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40 commentaires

    1. Evidemment, Gibraltar est le point le plus facile pour arriver d’Afrique en Epagne, mais de toute façon, il y a toutes les côtes sur la Méditerranée. Et imaginez le scandale si les Espagnols bloquaient Gibraltar.

  1. Les prisons espagnoles sont comme les prisons françaises, pas assez grandes pour accueillir les politiques-décideurs responsables de ce type d’action de guérilla islamique.

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