Art contemporain : le snobisme d’un insoumis nantais enflamme X

Pour M. Declerq, seul "un bourgeois étroit d'esprit" peut s'inquiéter du prix de l'œuvre temporaire.
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« Chaque année, Le Voyage à Nantes modifie le tracé au sol d’une ligne verte au rythme de la transformation de la ville, au rythme où nos horizons urbains ne cessent de se développer, pour célébrer une nouvelle façon de voyager », explique le site Internet consacré à ces installations artistiques annuelles voulues par la mairie nantaise. Ainsi, le gigantesque tas de sable installé place Graslin aurait pu ne pas faire parler plus loin que Nantes et sa métropole, tant les Français ont l’habitude des goûts hasardeux de la gauche culturelle. Mais c’était sans compter le tweet d’un conseiller municipal et métropolitain des insoumis nantais…

Le snobisme d'un insoumis

« Il faut vraiment être un bourgeois étroit d'esprit pour se demander combien ça a coûté plutôt que d'être interpellé par la métaphore évidente de notre civilisation qui s'effondre et des traces qu'elle laissera... Surtout par ces temps de catastrophes climatiques ! », s’est ainsi exclamé Matthieu Declercq, sur X, le 18 juillet. Vu par plus de 278.000 internautes, le tweet n’a pas manqué de faire réagir et nombreux sont ceux qui ironisent sur la déconnexion et le snobisme d’une telle déclaration. Certains se demandent même s’il s’agit d’un compte parodique. Non seulement le contribuable ne sait pas combien a coûté l’installation mais, en plus, il est prié de s’extasier devant cette œuvre éphémère sous peine d’être « un bourgeois étroit d’esprit ». Le pire est peut-être que, loin de faire amende honorable et de présenter ses excuses, le conseiller municipal LFI s’amuse des réactions outrées suscitées par son tweet et publie, le lendemain : « Au vu des réponses au tweet, j'ai vraiment dû toucher un point sensible chez les bourgeois fragiles et réfractaires à la culture » : la condescendance et le snobisme d’une douairière d'Ancien Régime.

Fossil Opera

La question méritait tout de même d’être posée… « Pouvez-vous nous dire combien a coûté Fossil Opera de Théo Mercier, installée place Graslin ? », demandait, le 16 juillet, Foulques Chombart de Lauwe, élu de l’opposition au conseil municipal nantais, dans une vidéo sur Facebook. « Donnez-nous du beau. Donnez-nous une ville qui fait rêver », supplie-t-il. Il faut dire que même avec les explications de la métropole, le concept cette œuvre temporaire reste bien nébuleux… « Sur le parvis de l’Opéra néoclassique, [Théo Mercier] imagine une éruption lente et tellurique : une vague de sable compacté en forme d’ammonites géantes surgit du sol, entraînant dans son mouvement des voitures à moitié ensevelies et des gravats. […] Fossil Opera compose ainsi une stratigraphie vertigineuse : le sable de nos constructions, les débris de nos démolitions, les voitures de notre modernité, tout cela confus, enfoui, et soudainement restitué à la lumière. » Prière, donc, d’apprécier et d’admirer le symbole derrière les quelque 600 tonnes de sable, de gravats et vieilles autos savamment posés devant l’opéra – à moins d’être « un bourgeois étroit d’esprit » !

 

Une canicule terriblement petit-bourgeois !

Peut-être Matthieu Declercq s’extasie-t-il, en réalité, sur la mise en abîme que l’installation de l’œuvre a provoquée ? Il faut avouer que c’était sans doute affreusement petit-bourgeois que de soumettre l’installation de Fossil Opera aux mêmes restrictions d’eau que « les pelouses, espaces verts, massifs fleuris, plantes d’agrément, terrains de sport et hippodromes », comme le détaillait l’arrêté de la préfecture, en juin dernier, rapporté par Ouest France et en vigueur au moment de son installation. Et pourtant, « était-ce vraiment la priorité ? En pleine canicule, avec les quantités d’eau que cette œuvre a engendrées... Et des gravats, comme si les Nantais n’avaient pas déjà le sentiment de vivre dans une ville en chantier permanent. Nantes est déjà à l’arrêt. Avions-nous vraiment besoin d’une œuvre qui renvoie une image aussi apocalyptique ? », demandait, encore, Foulques Chombart de Lauwe. C’est que, vraiment, ce n’est pas de chance, alors que « pour la création de Fossil Opera, le Van [Voyage à Nantes] est branché sur le réseau métropolitain et utilise de l’eau potable », voilà que l’eau est rationnée ! La vague de chaleur qui a traversé la France était à l’évidence affreusement bourgeoise et étroite d’esprit…

Alors, pour le coût de cette œuvre, on repassera, mais la ville et la métropole l’assurent : « Événement culturel majeur de l’été, Le Voyage à Nantes est aussi un puissant levier d’attractivité. Chaque édition contribue à renforcer l’image d’un territoire créatif, innovant et accueillant, tout en générant des retombées pour les commerces, l’hôtellerie, la restauration et l’ensemble de l’économie touristique. » Alors, prière de se laisser saisir par « la métaphore évidente » et d’abandonner ses réflexes petit-bourgeois : l’art n’a pas de prix, pour un insoumis !

Vos commentaires

46 commentaires

  1. Il n’y a pas que l’argent qui compte. Sinon il faut supprimer les vacances et bien sûr toutes les créations artistiques et pour ce qui est des métaphores, on se les mettra chacun où on peut.
    Cette oeuvre de sable a t’elle réellement nécessité une grande consommation d’eau?

  2. Ces »artistes » ont besoin de justifier, d’expliquer par des théories fumeuses la création de leurs «  œuvres » !
    Les grands artistes n’avaient pas besoin d’explications, leurs œuvres parlaient pour eux !
    Je conseille un très bon livre du dominicain Bernard Bro : la beauté sauvera le monde (titre tirée du roman de Dostoievski : l’idiot)

  3. Si ce tas de sable est une œuvre d’art, je suis ravi de l’apprendre car à première vue il faut beaucoup d’imagination pour prétendre se trouver devant une réalisation de nature artistique.

  4. Cette appréciation de la gauche ne m’étonne guère. En actes comme en idées, elle a pris l’habitude de bâtir sur un château de sable. Et malheureusement, il y a encore des gens pour y croire.

  5. Que ce soit dans n’importe grande villes comme à Nantes , Paris, Lille, Bordeaux dés que c’est une municipalité de gauche cela dépense a gogo pour ce que l’on ose appeler ART , alors que ce ne sont que des entassements de matériaux divers et varier d’une horreur incommensurable , ou d’un gout douteux , d’assemblage de plastique ressemblant plus a un accessoire que l’on trouve dans n’importe quel sexe shop français ; pendant ce temps des familles sont mal logé , crève de faim , ne peuvent pas ce soigné correctement mais du moment qu’il faut aidée un de ces pseudo artiste de gauche profiteur de subventions, les municipalités orienté a gauche trouve de l’argent .

  6. Il est vrai qu’en matière de traces, celles laissées par LFI, seront plutôt du domaine des ornières profondes où stagnent des boues nauséabondes dans lesquelles ils ne cessent de s’enliser.

  7. Vous n’avez rien compris. L’artiste qui a réalisé cette oeuvre est comme le grand Juan Romano Chucalescu du sketch des inconnus, un “destructureur d’intemporalité” qui était l’héritier de ses glorieux maîtres, Stupalacci et Fouvaracci qui “se foutaient de la gueule du monde avec une sorte de crédibilité”.

  8. Les lfistes sont trotskistes. À l’époque, c’était le dessus du panier, les intellos, par rapport aux cocos de base C’est pour cela que Staline les a fait éliminer.
    Quant aux nantais, ils ont réélu leurs gauchistes, certainement avec le soutien fes castors LR de service. Il n’y a pas encore assez d’art.

  9. En fait, il ne faut pas questionner un insoumis. Ce pauvre Lfiste.ielle a contracté une grave maladie dans son enfance très souvent à l’école. Maladie la plupart du temps incurable (sauf quand on est touché par la réalité, exemple B.Butch ) qui affecte la pensée, la sclérose et la rend hermétique à l’argumentation, voire à l’intelligence. Pour en revenir à M. Foulques Chombart de Lauwe, je lui conseillerai plutôt d’aller chercher dans les factures des magasins de matériaux ou carrière et surtout de ne pas avoir l’air intelligent. La réaction du Lfiste pourrait être violente (voir réaction maire D’Yvry face à la prière de M. Nader )

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