Editoriaux - Politique - 27 avril 2019

Après le grand débat : le vote blanc aux oubliettes ?

Partisan du vote blanc, j’ai écouté avec attention ce qu’Emmanuel Macron en a dit en une phrase, au bout (exactement) d’une heure et quatorze minutes de logorrhée épuisante pour les auditeurs tenaces : « Alors, on peut avoir des projets dont aucun ne nous plaît totalement, à une élection, mais on doit choisir parfois le moindre mal ou le mieux possible ? Mais blanc ne résoudra aucun problème, Monsieur X ou Madame Y, oui ! »

Je rappelle dans quelles conditions l’homme qui parlait pour la première fois à la presse a été élu, en 2017. 66,10 %, un beau score ?

Las, pas vraiment une énorme victoire si on regarde à nouveau les répartitions entre abstentions (25 %), nuls et surtout votes blanc, précisément, qui s’élevaient à 4 millions, soit plus de 10 % des votants. En réalité, son score présidentiel fut de 43,63 % des inscrits…

Il fut donc ce qu’il nomme le moindre mal ou ce « Monsieur X » qui devait résoudre certains problèmes ! A-t-il seulement résolu celui des gilets jaunes et de la pagaille sociale et sécuritaire des six mois derniers ?

En somme, une élection par défaut dont beaucoup d’auteurs de mai 2017 se mordent aujourd’hui la carte électorale !

J’ajoute qu’on ne se rend pas aux urnes uniquement pour tel ou tel projet, comme il dit. Dans le cas hautement symbolique de la présidentielle, l’homme avec ce qu’il incarne en convictions, représentativité, sincérité, solidité ou fiabilité est un élément essentiel, sinon principal, du choix.

Le vote blanc qu’il rejette permettrait de changer la donne et de candidats s’il parvenait au second tour, preuve du rejet catégorique d’un postulant choisi par des instances partisanes ou des primaires dévoyées ou falsifiées. Dans l’hypothèse où le vote blanc arriverait en tête, on pourrait imaginer que l’élection présidentielle soit annulée et que le président du Sénat assure l’intérim, permettant ainsi la continuité de l’État et l’exercice de toutes les fonctions régaliennes.

Assurément, le sujet du vote blanc, balayé d’un revers d’arrogance par Macron, reviendra sur le tapis républicain !

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