Ils sont allés nous chercher, faute de mieux, l’affaire Traoré vieille de presque quatre ans, malgré ses ambiguïtés, ses contradictions, ses insuffisances, afin de casser du flic et du Blanc raciste !

Il a suffi de cette étincelle pour relancer la dynamique émancipatrice de l’antiracisme et de l’attaque contre la police et la gendarmerie pourtant aimées des Français.

Il y a, décidément, quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre République déconfinée ; ou plutôt quelque chose qui tourne trop rond !

Le Covid-19 a provoqué un retour en force de la préférence nationale sous toutes ses formes. Au grand dam de la gauche et de cette minorité bien-pensante incarnée par le juppéiste Édouard Philippe et le génie qui ont dû suivre le mouvement, feindre de l’accompagner voire de le devancer, afin de ne pas se faire retourner par la vague populiste qui n’en demandait pas tant et qui a vu arriver l’occasion sanitaire en se pourléchant les babines, Michel Onfray en tête…

Et voilà que les États-Unis racistes systémiques nous ont apporté l’horreur sur un plateau… Il n’en fallait pas tant aux vigies de la doxa des Lumières, marxiste et soi-disant débarrassée du stalinisme, nourrie de Mai 68 et par nos philosophes de pacotille derrière Sartre, et à tous ces trotskistes reclassés au PS et chez les écologistes sans avoir suivi leur chemin de Damas.

Nos spécialistes de la manipulation qui ont retrouvé pour ce combat leurs vieux compagnons de route Jean-Luc Mélenchon et ses troupes en mal de légitimité manifestante nous rejouent donc une classique opération victimaire sur l’un de leurs thèmes favoris : le racisme et, pire, le racisme policier.

Et ça marche.

Castaner, en bon soldat du Macron des premières heures de l’émancipation libératrice et civilisatrice, saute sur une deuxième occasion avec de regrettables dérapages sur les réseaux sociaux.

Et c’est parti !

La vieille machine qui tourne à répétition depuis 1789 retrouve ses réflexes, ses amis, ses conditionnements, ses accusations, ses trucages, ses images sorties de leur contexte, etc. Comme d’hab !

C’est l’occasion de rappeler que notre président de la République en avait plein la bouche de ce bla-bla émancipateur depuis son intronisation et que, sur ce versant du « en même temps », il est l’allié objectif – volontaire ou involontaire ? – de tout le mouvement révolutionnaire, comme le démontre avec précision, foisonnement et grande culture Pierre-André Taguieff dans L’Émancipation promise. L’émancipation se nourrit du progressisme qui, selon l’auteur, « est le ciment qui unit le communisme et le libéralisme ». Taguieff conclut que « la pathologie du monde moderne provient de l’érection de l’idée révolutionnaire en principe d’organisation sociale » après avoir démontré l’omniprésence, chez les libéraux comme notre Président, du fantasme marxiste et de la magie de l’émancipation, authentique fin dernière devant être à la fois totale et sans fin, comme par exemple l’accusation de racisme et violence policière. CQFD ! On n’en a pas fini.

Le blog de Bernard Hawadier.

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