Une journaliste de la télévision publique allemande, Ann-Kathrin Stracke, a porté plainte devant la Justice française, le 10 mars 2020, contre Valéry Giscard d’Estaing, l’accusant de lui avoir par trois fois touché les fesses. Les faits se seraient produits en 2018, quand l’ancien Président avait 92 ans et la journaliste 35. Le parquet annonce que l’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et Mme Stracke précise : « J’ai décidé de raconter mon histoire parce que je pense que les gens doivent savoir qu’un ancien Président français a harcelé sexuellement une journaliste, en l’occurrence moi, après une interview », rapporte Le Monde. Aucune réaction, pour le moment, du côté de l’avocat de l’ancien chef de l’État.

Les femmes et leurs porte-parole féministes ne cessent de réclamer les mêmes postes, responsabilités que les hommes : elles font la guerre aussi bien qu’eux, la paix aussi d’ailleurs, elles boxent, elles tapent dans des ballons aussi bien qu’eux, elles conduisent des engins de chantier, commandent des navires, pilotent des avions de chasse, tout ça aussi bien que les hommes. J’en suis bien aise, femme moi-même, même si l’enseignement n’est pas considéré comme un métier dangereux… quoique, de nos jours !

Mais alors, comment comprendre ? Cette journaliste qui a presque soixante ans de moins que « l’agresseur » ne peut pas se dégager d’une main aux fesses ? Elle fait de vaines tentatives pour repousser l’homme de 92 ans. Mais, sans pitié pour ces efforts désespérés, il remet ça une deuxième fois, puis une troisième, avant de lui donner « des baisers appuyés sur les joues » pour prendre congé. La pauvre malheureuse a « eu l’impression qu’il insistait ». Ciel, mon agresseur ! Quelle « situation dégradante » quand elle tente de repousser sa main « plusieurs fois de toutes ses forces ». Il faut qu’un preux chevalier, le caméraman, vole à son secours en renversant une lampe et en plaçant une chaise entre l’ancien Président et la journaliste. Louable héroïsme.

Deux ans après, scrupules de conscience : on ne peut pas laisser faire, MeToo est passé par là et l’affreux satyre vaut bien une plainte au pénal, qu’appuie naturellement la chaîne WDR, son employeur. Elle avait intérêt à aller vite, plus vite que celles qui se déclarent vingt ans après, parce que, n’est-ce pas, le traumatisme était trop douloureux, car il a maintenant 94 ans et il faut faire un exemple : les anciens Présidents n’ont pas tous les droits.

Alors, Mesdames les féministes, expliquez-nous. Comment croire que ce vieil, très vieil homme n’ait pu être « repoussé » par cette jeune dame, qu’elle n’ait eu aucun moyen – même en évitant, pour un ancien Président, la gifle traditionnelle – de dégager ses fesses, d’éviter la deuxième séance de photos, de tenir son bras assez loin lors de la prise de congé pour écarter toute « bise » délictueuse ? Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de mettre en doute les pitoyables attouchements du vieil homme, mais de s’interroger sur le caractère opportuniste de la démarche de la dame.

Cette tentative pathétique pour occuper le devant de la scène est une insulte à celles qui subissent des attouchements brutaux, des viols véritables, des violences répétées et d’insupportables contraintes.

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