Audio - Editoriaux - Entretiens - International - 5 août 2019

André Bercoff : « Il faut quand même rappeler que le Ku Klux Klan ne date pas de Donald Trump ! »

Quatre fusillades en une semaine aux États-Unis, dont deux en moins de 24 heures, qui ont causé 29 morts. Le Monde de lundi titre : « Le terreau du terrorisme d’extrême droite aux États-Unis, c’est le trumpisme. » Réaction d’André Bercoff au micro de Boulevard Voltaire.


Il semble ne manquer à Trump que les plaies d’Égypte. En effet, une double tuerie a eu lieu aux États-Unis. Mais parler de fusillade aux États-Unis n’a finalement rien de bien original…

Tristement et dramatiquement, hélas rien de très original. Les fusillades aux États-Unis ne datent pas d’aujourd’hui. Il y a toujours cette éternelle querelle entre ceux qui lient cela aux armes en vente libre, et les autres à la tradition de la violence. En tout état de cause, depuis plus de 30 ans, des crimes de masses et des meurtres en série ont lieu.
La transformation politique de cela pour ou contre Trump me paraît pour le moins plus que démagogique, voire assez prostitutionnelle.


Le Monde a reconnu dans une tribune qu’on ne pouvait pas imputer directement à Donald Trump la responsabilité de ces attentats. Toute une rhétorique se développe entre le mandat de Donald Trump et l’émergence de ce que certains appellent un « terroriste blanc ».

Il faut quand même rappeler que le Ku Klux Klan ne date pas de Donald Trump. Ces gens-là ont-ils une notion de l’Histoire des États-Unis ? C’est très bien de faire miel de tout lorsqu’on n’aime pas quelqu’un ou une politique ou un régime, mais de là à attribuer les sept plaies d’Égypte, le tsunami, le réchauffement climatique et la fonte des icebergs à Trump c’est aller un peu vite en besogne. Avant de tirer plus vite que leur ombre, certaines personnes regardent et font un travail de journaliste.
Le tueur d’El Paso était gauchiste et défendait Élisabeth Warren et Bernie Sanders. C’est donc plus complexe que cela n’y paraît. Il y a évidemment des extrémistes blancs lamentables d’un côté, et de l’autre côté, des extrémistes tout aussi lamentables. Appelons les extrémistes par leur nom et cessons ce chantage très facile qui consiste, à chaque fois qu’il se passe quelque chose, de l’imputer à Trump. Cela devient grotesque !


Exploite-t-on des faits divers dans un but politique ?

Il faut savoir si on est journalistes ou militants. Si on est journalistes, on regarde un peu les causes, on prend son temps et on peut donner des hypothèses. Si on est militant, on fait feu de tout bois.
Aujourd’hui, certains confondent complètement le journaliste et le militant.
La carte de presse des journalistes a été remplacée par la carte de l’idéologie mentale ou du deux poids deux mesures ou simplement la carte du parti, la ligne juste du temps du bolchevisme.

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