Editoriaux - Politique - 8 février 2020

Alors, pour Macron, ça monte ou ça descend ?

Dans ma ville, février est la saison de la fête foraine : manèges, autos-tamponneuses et montagnes russes. Finalement, une bonne métaphore de la vie politique. C’est, en effet, aux montagnes russes que pourrait faire penser, au premier abord, la cote de popularité d’. Un sondage YouGov pour Le HuffPost montre un relatif rétablissement de 1 point en février. Mais il intervient après une chute de 4 points en janvier… Ce point serait principalement dû à une hausse de popularité à droite (+3, après un -15…) car, à gauche, la chute continue (-5).

Nul doute que le petit manège macronien qui tourne en rond sur lui-même, comme Nathalie Loiseau, criera victoire. Mais, en même temps, un autre sondage Kantar-Sofres pour Le Figaro indique une nouvelle chute de 2 points. En tout cas, les deux enquêtes s’accordent sur un point, le même niveau d’impopularité : seuls 25 à 26 % des Français font confiance au président de la République.

Le HuffPost attribue cette stabilisation d’une part à la fermeté du gouvernement sur la réforme des retraites, d’autre part aux bons résultats économiques (baisse du chômage). Et Le Monde nous explique que si toutes ces réussites ne se concrétisent pas plus en termes de popularité, ce serait à cause des maladresses de communication du gouvernement : le refus de l’allongement du congé pour les parents d’un enfant décédé et les pitreries du Président au Salon de la bande dessinée.

Si les ratés de communication sont indéniables et, finalement, un peu inhérents à cette équipe depuis deux ans et demi, les réussites sont plus contestables : la réforme des retraites est toujours aussi impopulaire, comme l’attestent ces mêmes sondages, et il n’y a que dans l’esprit de Nathalie Loiseau que tout est réglé, et le timide espoir né de la décrue du chômage a été douché par la chute de croissance inattendue du 4e trimestre 2019 et par les incertitudes dues à la situation internationale (Chine, Brexit, USA, Moyen-Orient). On comprend que les Français demeurent circonspects.

Par ailleurs, deux faits de ces derniers jours, non connus lors des enquêtes précédentes, risquent de pousser Emmanuel Macron vers la descente. Le Monde a rendu compte de l’agacement du Président et du gouvernement au sujet d’une étude de l’OFCE qui confirme que les trois premiers budgets du quinquennat ont clairement favorisé les plus fortunés : « En calculant que les 5 % de Français les plus pauvres devraient voir leur niveau de vie se réduire de 240 euros par an sous l’effet des mesures fiscales et sociales des trois premiers budgets Macron, alors que les 5 % les plus riches verront le leur grimper de 2.905 euros par an, cet institut classé à gauche n’a pas seulement mis des chiffres sur la politique économique menée depuis deux ans et demi. Il a relancé la polémique sur un Macron “Président des riches”. »/em> On voit mal comment il pourrait ainsi regagner du terrain à gauche.

Quant aux annonces précipitées du chef de l’État sur la dissuasion nucléaire et l’Union européenne, elles ne pourront qu’éloigner davantage de lui la droite nationale, gaulliste et conservatrice.

Alors, des montagnes russes, pour Emmanuel Macron ? Non, une morne plaine. Et donc un boulevard. Pour d’autres.

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