Audio - Editoriaux - Entretiens - Justice - 21 janvier 2020

Alexandre Langlois : « Ils essaient de me couper mon salaire et de m’asphyxier ! »

Alexandre Langlois, bien connu des lecteurs de Boulevard Voltaire pour pointer du doigt les dysfonctionnements au sein de la police nationale, est à nouveau suspendu de ses fonctions et convoqué à l’IGPN, seulement quelques jours après avoir repris le travail. Il s’explique au micro de Boulevard Voltaire.


Vous avez repris le travail depuis dix jours et vous êtes déjà convoqué à l’IGPN.
A priori, la convocation aura lieu ce jeudi. Savez-vous pourquoi ?

Malheureusement, on ne sait pas pourquoi. Quand j’ai posé la question, on m’a répondu « tout a été fait conformément aux instructions de l’IGPN par sa note du 22 octobre 2012 ». Cela reste un mystère. Je devrais savoir pourquoi et je ne sais pas.

Cette convocation risque-t-elle de faire fonctionner le sursis et donc de vous suspendre à nouveau six mois de plus ?

C’est la première enquête administrative. Je ne me fais pas d’illusion sur les personnes qui diligentent cette enquête. Même s’ils se défendent en disant que le but n’est pas de sanctionner, tout est déjà ficelé. Si je suis recondamné, les six mois de sursis vont sauter. Je pense que c’est le but de la manœuvre.

Risquez-vous la révocation ?

Je risque ce qu’ils peuvent. L’administration est libre de définir elle-même les faits fautifs et les sanctions qui vont avec. On est sanctionné en fonction de ce que l’on fait. Affaire à suivre…

Vous êtes connu pour pointer régulièrement les dysfonctionnements qui existent au sein de la Police nationale. Vous avez également sorti un livre à ce sujet-là.
Essaie-t-on de vous faire taire ou de faire pression sur vous ?
Est-ce en raison de ces activités qu’on essaie de vous exclure ?

Sur ma convocation, il est bien noté que je suis convoqué en tant que secrétaire général du syndicat VIGI ministère de l’Intérieur. C’est une nouvelle fois assez original. L’administration assume parfaitement de me chercher des poux. A l’inverse, le secrétaire général du syndicat conciliant CFDT peut partir en mutation hors cadre à Tahiti et faire muter sa femme sur création de poste, alors qu’elle a des casseroles IGPN qui la suivent. Cela dépend si on est à courber l’échine devant notre ministre.


Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

C’est toujours choquant. On pense que c’est derrière et qu’ils ont compris la leçon. On voit bien que ce sont des gens mesquins qui veulent aller jusqu’au bout et faire aboutir le plan initial.
Des adhérents de notre syndicat de la direction de la police ont dit que l’administration voulait d’abord 12 mois d’exclusion, puis 18 mois et monter crescendo jusqu’à m’écœurer et jusqu’à ce que je n’ai plus d’argent pour payer les procédures judiciaires qu’ils me mettent en parallèle à ce sujet, je passe le 4 février au tribunal de Nanterre pour cinq comparutions pour diffamation envers divers directeurs. Ils essaient à la fois de me couper mon salaire et de m’asphyxier financièrement. J’espère que le soutien populaire pourra continuer, sinon ils obtiendront gain de cause, non sur le fond, mais parce qu’ils auront truandé jusqu’au bout.

À lire aussi

Alexandre Langlois : « Le gouvernement laisse faire les fauteurs de troubles pour ne pas que l’on parle du fond du sujet »

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleÀ l’occasion de la quatrième grande jour…