a, paraît-il, pris conscience depuis peu que le combat contre le communautarisme constituait « une lutte essentielle ». Il cherche, maintenant, activement un dispositif pour contrer ce phénomène, nous dit le JDD du 18 janvier, tout en hésitant sur les mesures à prendre, tellement il est convaincu. Dans sa confusion, il faut s’attendre à une boîte à outils, telle celle de François Hollande pour lutter contre le chômage en 2013 ; on connaît la suite… Le gouvernement va proposer un plan pour favoriser la « civilité » et l’ordre public, mais nous n’aurons donc pas le discours refondateur de la laïcité tant attendu du président de la République.

Les confusions d’Emmanuel Macron sur la laïcité et l’islam

Les Français ont parfaitement conscience que c’est la religion musulmane qui pose problème… et ils ne le veulent plus. Emmanuel Macron se trompe de cible. Le cœur du sujet, c’est évidemment le respect de la laïcité dont il est grand temps de définir les contours par une séparation de la sphère publique et de la sphère privée, et non pas simplement un devoir de neutralité dans les services publics, comme l’affirme notre Président. Dans son discours d’octobre 2019 à La Réunion, il a précisé que « Le port du voile dans l’espace public n’est pas l’affaire de l’État », alors que le 4 octobre 2018, dans une interview télévisée, il déclarait le contraire, que le voile « n’était pas conforme à la laïcité », ne respectant pas l’égalité des sexes. C’est dire la constance de ses convictions ! Dans une interview sur RTL du 28 octobre 2019, il déclarait aussi que la radicalisation, le communautarisme et les rapports entre l’islam et la République sont trois sujets distincts qu’il ne faut en aucun cas confondre sous peine d’ajouter de la tension ambiante ou encore que « le communautarisme, ça n’est pas le terrorisme ». Là aussi, et au contraire, évidemment que ces trois notions sont intimement liées. Les terroristes djihadistes ou endogènes viennent bien de ces milieux communautaristes dans lesquels ils se sont radicalisés. J’affirme donc, au contraire, que ces sujets sont adossés à la question de la laïcité et que cela regarde donc bien les rapports de l’État avec l’islam, au moins sur le plan de la sécurité. Et ce n’est pas le dernier livre de l’universitaire Bernard Rougier, Les Territoires conquis de l’islamisme, qui va nous rassurer.

La « civilité » pour effacer la laïcité

Alors, pour fuir le vrai débat, Emmanuel Macron préfère effacer le mot et évoquer la « civilité » plutôt que la laïcité ! Une fois de plus, la pratique de l’évitement. Selon lui, la « civilité » et « l’ordre public » constituent d’autres fondements sur lesquels il est possible de s’appuyer pour repousser certaines revendications ou combattre le communautarisme. La civilité, si l’on en croit les spécialistes du vivre ensemble, concerne la capacité à construire des relations avec autrui et l’interdiction et la sanction des pratiques qui séparent les gens. On croit rêver…. Une usine à gaz. Le Président évoque, à cet égard, la défense de l’égalité entre les hommes et les femmes ou le respect des lois de la République ! Interviewée sur CNews, le dimanche 19 janvier, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, précisait qu’il y a déjà des lois existantes permettant de mettre fin, par exemple, à la déscolarisation d’une frange de la jeunesse française. Mais qu’attend-on, alors, pour les faire respecter fermement ? Ce nouveau plan gouvernemental sera-t-il de faire appliquer des lois existantes ? On attend avec impatience la fermeté macronienne. Les mesures préventives, comme l’augmentation des fonctionnaires dans les zones sensibles ou encore le soutien à la pléthore d’associations, ne suffiront pas.

Qu’attendez-vous, Monsieur le Président, pour engager la reconquête républicaine des quartiers gangrenés par le fondamentalisme islamiste, alourdir les peines pour faits de terrorisme, isoler les condamnés, fermer toutes les mosquées radicales, expulser les 3.300 étrangers fichés au fichier FSPRT, etc. ? Cela ne se fera pas sans violence, compte tenu du climat ambiant dans les rapports sociaux, mais le peuple français y est prêt, j’en suis sûr.

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