La macronade n’est pas une salade à la mode inventée par un jeune chef de cuisine. Non, c’est une version politique, rigide et quelque peu à côté de la plaque de la galéjade marseillaise. Elle se pratique souvent quand un chef de l’État français, maladroit, se promène à l’étranger et essaie de parler des Français.

Je vous donne un exemple en citant Le Figaro : « Discret depuis le début de la contre la , a glissé un petit commentaire lundi soir. Le chef de l’État a été interrogé sur le sujet en conférence de presse à l’issue du sommet sur le processus de paix en Ukraine qui se tenait lundi à Paris… Alors que les syndicats appellent à poursuivre la grève qui touche l’ensemble des services publics depuis maintenant six jours, a voulu tempérer. Il assure même ne pas sentir “une grande inquiétude” dans le pays à propos de la réforme. »

Un million de manifestants dans la rue, mais le Président Macron « ne sent pas d’inquiétude ». Certes, un million de gens, ce n’est pas tous les Français, mais statistiquement, pour un plaignant, il y en a beaucoup d’autres qui, peu ou prou, pensent pareil mais n’osent ou ne peuvent manifester.

François Mitterrand, dans la même situation de centaines de milliers d’opposants au grand service public et unique d’Éducation porté par Alain Savary, lui, avait bien senti quelque chose. Et il en avait tiré les conséquences. Macron non.

Comment peut-on appeler une telle absence de sens politique ? D’aucuns parleront d’inconscience, d’autres de psychorigidité. En tout état de cause, l’intuition politique ne semble pas le propre de l’auteur de macronades à répétition. Les voyages, paraît-il, forment la jeunesse. Manifestement, ce n’est pas toujours le cas.

Dommage que ce produit nouveau ne s’exporte pas, la balance des paiements française s’en porterait beaucoup mieux.

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