Accueil Editoriaux Agnès Richard : « Qui a parlé de la Vierge de La Salette décapitée en Bretagne ? »

Agnès Richard : « Qui a parlé de la Vierge de La Salette décapitée en Bretagne ? »

Il y a quelques jours, alors que le confinement n’était même pas terminé, la croix du pic Saint-Loup était sciée à sa base, abattue et couverte d’inscriptions. Mais si cette profanation a été signalée par certains médias, d’autres, comme un acte de vandalisme récent dans votre région, passent complètement inaperçues. Comment analysez-vous cela ?

Pour la détérioration de la croix du pic Saint-Loup, seuls les médias de la région concernée ont traité le sujet. En revanche, la statue de la Vierge de Notre-Dame de La Salette, située à Limerzel, dans le Morbihan, a été décapitée, et ni Ouest-France ni Le Télégramme n’ont communiqué sur ce fait grave ! Il est vrai qu’il n’y a pas eu de dépôt de plainte ni de la mairie ni des autorités religieuses, mais en général, il faut bien se le dire, ces médias locaux sont toujours très frileux pour passer les messages « un peu dérangeants » Je suis allée sur place, ce jour, pour constater les faits : on voit du scotch au niveau du buste. C’est, de toute évidence, un acte délibéré car la statue est posée dans une niche, au bord d’un chemin de randonnée TRÈS étroit : il serait donc impossible, par exemple, qu’un engin agricole y soit passé et l’ait renversée accidentellement, nous y tenions à peine à deux piétons. Elle ne sera pas restaurée, d’après la mairie de Limerzel, faute de moyens.

 

Le cou a été recollé au scotch…

 

La était, il n’y a pas si longtemps, très croyante. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

La Bretagne des territoires ruraux reste chrétienne. C’est moins vrai pour les grandes villes comme Lorient, Brest, Rennes. Une gauche communautariste et athée s’est emparée des municipalités. Beaucoup d’élus sont issus de l’Éducation nationale et défendent une laïcité plus « laïcarde » que conforme à la laïcité républicaine prévue dans notre Constitution. La Bretagne de 2020 n’est plus celle de 1970.
Il en va de même pour les médias comme le très progressiste et multiculturaliste Ouest-France.

Rien d’étonnant de la part des médias de notre région car il y a un précédent avec l’affaire de la statue de Ploërmel. En effet, celle-ci a été déplacée de 30 m du parking public où elle se trouvait depuis douze ans. Ni la droite ni l’évêque de Vannes ne se sont montrés offensifs. Ils ont défendu un consensus mou, avec l’achat du terrain adjacent au collège privé catholique du Sacré-Cœur pour clore le débat tout en créant un précédent. Elle reste visible depuis le parking. Le déménagement a été la solution retenue pour mettre le monument en conformité avec une décision du Conseil d’État du 25 octobre 2017. Les laïcards en cause ont eu droit à un éclairage médiatique et ont pu développer leurs arguments.

En 2018, d’après le président de l’Observatoire de la christianophobie, 10 % des actes de christianophobie en France ont eu lieu en Bretagne. C’est un bilan catastrophique, 316 actes graves au cours de l’année 2018, contre 256 l’année précédente, soit +24 %.

Cette situation est très préoccupante, mais les médias locaux se taisent. Ces derniers sont plus réactifs quand il s’agit de l’installation de migrants. Nous ressentons une certaine indifférence de leur part.

En 2019, sur le plan national, toujours selon l’Observatoire de la christianophobie, on dénombre 51 actes antichrétiens ou visant des symboles ou des lieux de culte catholiques, pour le mois de mars. Sur le premier trimestre, 118 actes ont été signalés et documentés… dans l’indifférence générale, encore une fois.