Comme c’est appréciable ! Quels que soient leurs résultats, quelle que soit la couleur du gouvernement en vigueur, pour les femmes et les hommes qui ont embrassé une carrière politique ou ont été nommés à un poste ministériel, il y aura toujours (ou presque) une petite place, bien au chaud, qui les attend quelque part. Selon Le Canard enchaîné, c’est ce qui pourrait arriver à , qu’ pense à recaser.

Petits retours en arrière. Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui, en décembre 2019, prend conscience qu’il se passe « un phénomène en Chine » et qui, le 11 janvier puis le 30 janvier 2020, en informe le Premier ministre et Emmanuel Macron. Mais, en conférence de presse, le 25, annoncera que « le risque d’introduction en France » du virus est « faible » mais pas exclu. On connaît la suite.

Le 17 mars, rien n’allait plus entre le Président et son ex-ministre. Elle avait osé, dans une interview accordée au Monde, relater leur chronologie au gouvernement, donnant l’impression, à juste titre, faut bien le dire, que ses avertissements avaient été pris par-dessus la jambe, puisque le Président n’en démordait pas : le premier tour des municipales serait maintenu. Avec les contaminations qui ont suivi.

Emmanuel Macron s’est mis dans « une colère noire », selon Gala. Il ne s’est pas gêné pour la tacler, décrivant sa réforme de la Santé « d’ampleur insuffisante », allant jusqu’à affirmer que les plans d’urgence lancés par l’intéressée étaient « sous-estimés ». Ce qui ne l’a pas empêché, en août, de louer sa capacité d’« expertise sur le sujet [du Covid] » et sa rapidité à décider… Du « en même temps » mais en différé, en somme.

Agnès Buzyn, l’ex-ministre de la Santé envoyé, en remplacement du drôle d’oiseau Benjamin Griveaux, en plein épidémie de Covid-19, battre le pavé parisien pour mettre la pâtée à Anne Hidalgo en vue des élections municipales de la ville de Paris. C’était en février. On sait ce que cela a donné.

Depuis, la colère d’Emmanuel Macron s’est tassée. Pas rancunier, Manu. Et puis, reléguer aux oubliettes Agnès Buzyn, une habituée des présidences de prestigieux instituts de ceci ou cela, femme d’Yves, directeur général de l’INSERM, décidément non, cela ne se fait pas… Surtout, comme le justifie un fidèle de l’Élysée, Macron, qui assume toujours ses décisions, « n’aime pas les fusibles. Quand il prend une décision, il l’assume, comme pour le maintien du premier tour des municipales. Il n’a pas non plus enfoncé Buzyn, comme il n’avait pas enfoncé Benalla », rapporte L’Obs. Drôle de comparaison !

Ainsi, en septembre, celle qui n’est pas restée au front (de la crise sanitaire) et a lamentablement échoué aux municipales parisiennes poserait son derrière dans le fauteuil de la présidence de l’établissement public Universcience, lequel regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie de Paris. Un grand machin.

Si Agnès Buzyn était la seule que Macron envisage de recaser, mais non ! Il y a Muriel Pénicaud, ex-ministre du Travail, qui serait parachutée auprès de l’OCDE pour représenter la France, dévoile Le Télégramme. Défense de rire. Et des recasés s’étant, comme Buzyn, rétamés aux municipales, il y en a d’autres, ici ou là, à avoir été, malgré cela, récompensés.

Petits arrangements entre amis ? Du passé toujours d’actualité ! Réussite au mérite ? Sûrement un truc daté…

14 août 2020

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