Le préfet du Bas-Rhin a promis « un niveau de sécurité jamais atteint », « sophistiqué et amélioré » : un an après l’attentat djihadiste du marché de Noël de Strasbourg, qui avait tué cinq personnes et blessé une dizaine d’autres, c’est toute une ville qui se résigne, avec une certaine appréhension, à vivre la 450e édition de son marché de , qui n’a plus grand-chose à voir avec le « marché de l’enfant Jésus », le Christkindelsmärik de ses origines.

Les habitants de Strasbourg et de ses environs commencent même à ressentir, au fil des ans, une overdose du marché de Noël qui ressemble de plus en plus à une forteresse retranchée. Cette année, les mesures de sécurité ont encore été renforcées, qu’il s’agisse des effectifs des forces de l’ordre, du filtrage des visiteurs sur les ponts qui conduisent au centre historique, des interruptions de transport public ou des obstacles disposés pour parer à la menace d’éventuels véhicules-béliers. Près de 760 personnes, de la police, de la gendarmerie, de la sécurité civile, des sapeurs-pompiers, de la police municipale, de l’armée seront mobilisées pour garantir la sécurité du marché de Noël jusqu’au 30 décembre.

Difficile, dans ces conditions, de ne pas créer un climat à cent lieues de la magie de Noël, d’autant que les organisateurs, pour bien enfoncer le clou, rassurer habitants et touristes, ont cru bon d’inviter le ministre de l’Intérieur en personne pour inaugurer un marché de Noël sous haute surveillance. « Le message que nous voulons passer [est] celui de la sérénité et du sentiment que nos forces seront totalement engagées aux côtés des élus pour que l’événement international qu’est le marché de Noël se passe bien », a souligné Christophe Castaner.

Rappelons, au passage, que le marché de Noël de Strasbourg est devenu un véritable business qui, depuis dix ans, s’exporte dans des grandes villes mondiales. Cela a commencé par Tokyo, puis des villes comme Moscou, Pékin ou Séoul et, cette année, New York où, entre deux hamburgers, l’on pourra découvrir bretzels, pain d’épice et kouglof, le tout accompagné de vin chaud autour de chalets en bois.

Exit, donc, la magie de Noël à Strasbourg… Pour la retrouver dans toute son authenticité, on pourra toujours se replier vers les petits marchés de Noël qui ont essaimé en Alsace, à Sélestat, Riquewihr ou Kaysersberg, ou de l’autre côté du Rhin à Fribourg-en-Brisgau et Baden-Baden. Célébrer Noël ou Weihnachten (« la nuit sacrée ») en terre rhénane, c’est revenir à l’enchantement des premiers Noëls de notre enfance… Scheni Wihnachte, Joyeux Noël !

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