[TRIBUNE] Le tropisme totalitaire de la vieille classe politique française
C’est un fait acquis : le politicien de l’ère post-démocratique contemporaine veut faire notre bien malgré nous. Et souvent contre nous ! Dernier délire en date, Bruno Le Maire s’est mis en tête de scolariser les enfants dès un an. L’ancien ministre des Finances, quand il n’écrit pas des romans aux passages scabreux, se pique donc de pédagogie. Comme l’enfer est pavé de bonnes intentions, il fallait donc trouver de « bons » prétextes à cette nouvelle lubie : lutter contre la baisse du niveau scolaire et les « inégalités » dès le plus jeune âge. Ce normalien et énarque prouve encore que l’on peut avoir une tête bien pleine à défaut d’être bien faite.
Captation des enfants par l’État
Père de quatre garçons, il semble avoir oublié qu’à un an, les enfants sont encore des bébés qui ont un immense besoin de l’amour et de l’interaction avec leurs parents. Mais derrière cette absurde proposition se cachent mal deux prétentions d’essence totalitaire : d’une part, l’enfant « appartiendrait » à la société et en pratique à l’État, et ne relèverait pas en premier lieu de la responsabilité affective et éducative de ses propres parents ; d’autre part, les aptitudes et les talents particuliers de chaque enfant ainsi que l’environnement familial constitueraient des « inégalités » qu’il conviendrait d’éradiquer en arrachant les enfants à leurs familles et en organisant le nivellement de classes d’âge entières pour parvenir à cette sacro-sainte et utopique « égalité ».
Tous les régimes totalitaires du XXe siècle ont pratiqué la captation des enfants par l’État, lui-même capté par le parti unique : Komsomol en Union soviétique, Jeunesse hitlérienne dans le IIIe Reich, Opera nazionale Balilla sous Mussolini, Gardes rouges dans la Chine communiste, Union de jovenes comunistas à Cuba…
Au demeurant, l’école laïque de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson était aussi une école de propagande : « Le premier devoir d’une République est de faire des républicains » (Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887, Ferdinand Buisson). Certes, la IIIe République, à défaut d’avoir été totalitaire, a été parfaitement sectaire, comme l’atteste l’expulsion des congrégations de 1880 et en 1904, sans omettre les atteintes à la liberté d’expression comme l’interdiction de la pièce de Victorien Sardou Thermidor, en janvier 1891, au motif que l’on y attaquait la Révolution française (la Terreur, en l’occurrence).
L’étatisme propre à l’énarchie
Évidemment M. Le Maire n’a pas pour modèle ni Lénine ni Mussolini, mais l’étatisme propre à l’énarchie relève d’une tendance totalitaire. Le philosophe Alain, théoricien du droit à la résistance du citoyen face à la bureaucratie, disait avec justesse : « Il faut tenir l’État en respect avec le gouet » (petite hache utilisée pour couper les ronces). C’est une constante de la classe politique et administrative d’inverser les valeurs : l’État est au service de la France et des Français, non l’inverse.
Quant à l’égalitarisme, autre totem de la gauche, il s’agit tout autant d’une machine totalitaire. Le ministre franc-maçon et socialiste de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, avait affirmé : « Pour donner la liberté du choix il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix » (JDD, septembre 2012). Derrière le pathos se cache une démarche totalitaire qui vise à fabriquer des êtres sans attaches, sans racines, sans humanité et même décérébrés, puisqu’il faudrait les arracher à leur déterminisme intellectuel, pour les faire formater par l’État. Le lit de Procuste semble être l’idéal de la gauche : couper tout ce qui dépasse. C’est ce qui sous-tendait le plan Langevin-Wallon - ces deux intellectuels communistes - qui influencera pour le pire la politique éducative française. Or, la baisse du niveau scolaire que prétend combattre Bruno Le Maire est le résultat non du défaut « d’égalité » mais de l’égalitarisme.
« Si la réalité contredit la doctrine, c’est la réalité qui a tort »
La diversité des talents, la détection de ceux-ci, l’encouragement des plus doués sont une richesse pour la société tout entière. L’important est que les enfants doués puissent progresser, être soutenus quelle que soit leur origine sociale. Durant des siècles, des curés et religieux se sont appliqués à le faire, comme des instituteurs laïcs. Il est dans la nature des choses que certains soient plus doués que d’autres, plus travailleurs, plus entreprenants, plus sportifs. L’intérêt de la société est de les soutenir, car la France a besoin d’élites. Dans une France encore chrétienne, il était rappelé : « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage » (Évangile selon saint Luc 12, 39-48). Car il n’est de véritable élite que du service et du devoir accompli.
Le tropisme totalitaire de la classe politique française est dû au dressage étatiste que nombre de ses membres ont subi lors de leur formation, mais aussi au fait que depuis deux siècles, la politique est devenue affaire d’idéologie alors qu’elle devrait être l’art du réel. La formule d’Hegel « Si la réalité contredit la doctrine, c’est la réalité qui a tort » semble être le maître mot de ceux qui prétendent nous gouverner et qui, souvent, sont incapables de se gouverner eux-mêmes. Le malheur des peuples est que si le réel ne correspond pas à l’idéologie, la tentation est grande, pour les politiciens, de le faire entrer de force dans le cadre idéologique. L’urgence est de chasser l’idéologie de la politique.
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37 commentaires
Bruno aurait dans une autre vie être ministre des finances , il nous a manqué .
Bruno il vaut mieux se taire et passer pour un pas grand chose , plutôt que de parler et ne laisser aucun doute sur le sujet .
La sagesse c’est quand parler ; L’intelligence c’est savoir quand se taire . Visiblement ce triste sire ne sait pas quand se taire .
LE MAIRE
LE MAIRE
Comme la plupart des politiciens et consorts (liste interminable depuis 45 ans) il est atteint par l’effet DUNNING-KRUGER
En espagnol populaire ces individus sont définis comme suit « tan inteligente y tan tontos » . Se passe de commentaires et de traduction..
Voici un des partisans du « paternalisme sans père » qui est leur idée du futur social. L’état-nounou absolu, qui enlève le pouvoir aux pères, mais pas pour le donner aux femmes (que croient-elles ?) ; non, pour se le garder pour lui-même : enlever les enfants aux parents dès un an, pas supplémentaire dans la destruction de la famille, et transformer l’Education Nationale en crèche, avec biberons et changements de couches (vous fournissez les couches ; bien sûr il y aura un « chèque-couches » pour les « plus démunis »). Monsieur B Le Maire est soi très sot, soit un totalitaire qui se révèle. En marche vers le monde de la Ruche davossienne.
C’est vrai qu’avec le nom qu’il porte il peut se croire élu du peuple. Heureusement pour lui que le ridicule de tue pas car sinon il aurait aisément eu sa place au cimetière des éléphants
Confirmez moi, j’ai ,un doute, n’est ce pas lui qui ecrivait des livres assez osés? Si oui, dans ce cas qu il retourne a ses ecritures pour faire part a ses lecteurs de ses obcessions…Entre l’inculture de certains (nes) et certains obsédés payes grassement, on est vraiment tombes bien bas..
Aldous Huxley…
Quand on pense que ce type a été ministre !
Au concours Lépine de la connerie, il a toutes ses chances .
Excellente analyse qui devrait faire comprendre à LE MAIRE et tant d’autres que même en étant énarque et normalien, on est rarement un « Mosart de l’éducation et de l’antropologie ». Pire qu’es qualité d’ex-ministre des finances, notre pays n’atteindra jamais, pas plus que ceux qui nous précèdent au classement PISA, plus de 100% de bacheliers à seulement 16 ans…
Quel bel article et utile en plus.
la Norvège, où l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans, a de bien meilleurs résultats que nous…..
Mais pourquoi invite t on encore ces personnes qui ont démontré leur incompétence et qui continuent d’expliquer qu’ils savent ce qu’il faut faire alors qu’ils n’ont rien fait quand ils étaient aux « manettes » !! On se fiche de nous !! Et eux ils n’ont pas honte de continuer à « babouser » ,imbus de leur supériorité
Du dernier rapport Pisa , on peut retenir , pour expliquer le mauvais classement de la France .
1- Une immigration de masse et de bas de gamme , peu de diplômes du supérieur .
2- Des moyens mis sur le collège , alors qu’il faudrait les mettre sur le primaire , ou tout se joue.
3- Les enseignants les moins expérimentés , les moins compétents , affectés dans des écoles à problèmes (banlieues)
4- la baisse du niveau des enseignants , les salaires étant bas , on ne trouve aucun candidat , on accepte qui veut bien se présenter . « La fabrique des crétins » a fini par embaucher les crétins .