Avignon : 150 m² de panneaux solaires installés en 2020… toujours pas branchés

Près de 80 000 euros dépensés, zéro watt produit.
Capture d'écran X
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La ville d’Avignon, située dans le département du Vaucluse, est l'une des communes les plus ensoleillées de France. Chaque année, l’astre du jour brille en moyenne entre 2.600 et 2.700 heures sur la cité qui abrite le palais des papes. Y installer des panneaux photovoltaïques apparaît être une bonne idée et c’est ce qui a été fait en 2020 à l’école Louis-Gros, sous l’impulsion de Cécile Helle, maire socialiste de 2014 à 2026.

Dans le cadre d’un grand plan de rénovation à 4,7 millions d’euros, cet établissement a été doté d’un préau recouvert de 150m² de panneaux solaires. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), qui a accompagné le projet dans le cadre du NPNRU (Nouveau Programme national de Renouvellement urbain), y voit l’alliance entre « performance et recherche esthétique dans les jeux d’ombre et de lumière ». Même chose (ou presque) dans le dossier de présentation de la mairie de l'époque où la « performance énergétique accrue » du bâtiment est louée. Dans le magazine de la ville daté de janvier 2020, la directrice de l’établissement de l'époque, Carine Gaujal, se réjouit, quant à elle, d’être désormais à la tête d’une école « exemplaire » dans laquelle la production d’eau chaude et d’électricité est assurée par le photovoltaïque.

Performance et exemplarité

Une installation qui, selon le site mesinfos.fr, devait permettre un « gain supérieur à 30 % sur les consommations d'énergie et de plus de 40 % sur les gaz à effet de serre ».

Six ans après la livraison du chantier, qu'en est-il ? Le gain est nul. Lors d’une visite effectuée à l’occasion de la rentrée des classes, le nouveau maire de la ville, Olivier Galzi, s’est intéressé à ces fameux panneaux. Dans une vidéo publiée sur X, il raconte l’échange qu’il a eu avec l’école : « On vient de poser la question : où va l’électricité, à quoi elle sert ? En fait, ils ne sont pas branchés. »

Comment est-ce possible ? BV a souhaité le savoir. Plusieurs demandes ont été faites auprès des différents maillons de la chaîne identifiés dans la liste des marchés publics signés en 2018 par la commune. Le directeur de l’école nous a fait savoir qu'il ne pouvait pas nous répondre, du fait de sa fonction. La société Bureau Veritas, qui avait la charge du contrôle des installations électriques des bâtiments communaux de 2018 à 2021, n’a, elle, pas donné suite. L’installateur des panneaux et l’architecte du projet ont été plus bavards.

Dépenses et défaillances

Le premier nous a fait savoir que les panneaux avaient été branchés à la livraison du chantier, mais qu'il revenait au bureau de contrôle de s’assurer de la conformité de l’installation. Ecostudio Architectes confirme ses dires et assure que tout a été fait dans les règles de l'art. Il ne s'engage en revanche pas sur la dernière étape : les démarches à faire auprès d'Enedis. Il indique : « C'était à la mairie de faire ce travail. » Puis il nuance : « Avec Enedis, c'est très compliqué. » Selon lui, le cas Louis-Gros n'est pas une exception. Les problèmes de raccordement au réseau sont « réguliers ». Il faudrait souvent plusieurs mois pour que l'électricité produite par les panneaux photovoltaïques puisse profiter à ses propriétaires, soit par la revente, soit par l'autoconsommation.

Plusieurs mois, oui, mais pas plusieurs années… Or, dans l'affaire avignonnaise, six ans se sont écoulés sans que l'école, et plus précisément la collectivité territoriale, n'enregistre la moindre recette ou ne fasse la moindre économie. Le maire divers droite nomme ce gâchis : « C’est ce que j’appelle l’écologie politique, celle qui fait des grandes annonces, mais qui ne produit absolument rien. » Cette écologie politique a coûté près de 80.000 euros à la ville pour un intérêt financier et environnemental nul. Olivier Galzi a promis d’y remédier de la plus simple des manières : « On va les faire brancher. » Affaire à suivre.

Vos commentaires

34 commentaires

  1. Non, ce n’était pas une bonne idée d’installer ces panneaux photovoltaïques : Ils sont fabriqués en Chine, ils font augmenter la facture d’électricité car ils sont grassement subventionnés, ils sont inutiles car nous sommes en surproduction électrique grâce au nucléaire et à l’hydraulique, et enfin ils sont nuisibles car étant prioritaires, ils obligent à réduire le nucléaire ce qui augmente les coûts d’exploitation et réduit la durée de vie des centrales nucléaires.

    • Justement fabriqués en Chine donc bilan carbone pour les faire venir c’est quelque chose et puis ce n’est pas recyclable, idem pour les éoliennes, elle est où l’écologie là dedans ?
      Nous avons une énergie nucléaire au top enfin nous avions avant que les écolos et macron mettent leur pif dedans,

  2. Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’escrologie. Combien d’éoliennes magnifiques de grandeur et d’amplitude ne tournent jamais car : trop de vent, pas assez de vent, passage de chauve-souris, couloir aérien…. peu importe, les écolos ont eu gain de cause et une société s’en est mis plein les poches grâce à ……. nos impôts.

  3. Ce n’est pas un cas isoler ; pour les éoliennes c’est pareil , beaucoup ne sont pas branchés au réseau , soit tournent dans le vide ou sont des perchoirs a oiseaux.
    L’écologie punitive et « décorative » de nos campagne LoL ; les seul gagnants sont les fabricants et les installateurs de ses « machins » qui eux sont payer par le con-tribuable en définitive garce au monumental subventions qu’ils touchent pour les installer.

  4. Pour l’avoir expérimenté moi-même, les démarches nécessaires pour le raccordement sont prises en charge – heureusement – par l’installateur mais en revanche, une fois celui-ci effectué, obtenir les avantages liés à la fourniture d’électricité par les dits panneaux relève de l’usine à gaz comme seul notre pays est en mesure d’en générer. Mais ce qui est difficilement accessible à un particulier semble hors de portée d’une ville ! Et pas n’importe laquelle, Avignon comptant une armée d’employés à son service. Ils jouent à la pétanque ?

  5. Pour une collectivité, je ne sais pas quelles sont les démarches. Pour un particulier (je l’ai vécu): l’installateur installe et raccorde. Après, intervient une sorte de loterie, si j’ai compris: le consuel peut (mais il semble que ce ne soit pas une obligation absolue) venir vérifier, visuellement. Chez moi, le consuel est venu 2 mois après la fin du chantier. Pendant ces 2 mois, mes panneaux ont produit (autoconsommation et ré-injection sur le réseau). La date de passage du consuel a été retenue comme début de fourniture à ENEDIS et donc j’ai perdu 2 mois de facturation…

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